La pollution en Arctique
Le réchauffement climatique est deux fois plus important en Arctique que partout ailleurs dans le monde.
Atmosphère et climat polaire
En hiver et au printemps, une brume recouvre l'Arctique. Elle est due aux polluants, d'origine anthropique ou issus des incendies de forêts boréales, massivement émis par les régions tempérées, d'où ils sont transportés par les vents jusqu'en Arctique.
Or, tous ces polluants ont un impact sur le climat qui dépend de leur nature, leurs transformations, leur durée de séjour au pôle et leur déposition au sol.
Les études montrent que l'Arctique y est particulièrement sensible et que, par rapport à une réduction des émissions de dioxyde de carbone ou de méthane, une réduction des émissions d'ozone ou d'aérosol, présents en moindre quantité mais à courte durée de vie (10-20 jours), aura un effet moindre mais nettement plus rapide sur le climat.
-
Contribution des différents polluants au réchauffement arctique depuis la période pré-industrielle (1900).
-
Augmentation (observée et simulée) de la température de surface dans le monde entre 1880 et 2003. Mis à part le dioxyde de carbone et la suie déposée, l'impact des polluants est plus élevé dans les régions Nord.
Le projet POLARCAT : la campagne 2008
Le projet international POLARCAT vise à étudier le transport de la pollution jusqu'en Arctique et son impact sur l'évolution future du climat dans cette région.
Pour la campagne 2008, la France a affrété l'avion de recherche ATR-42 de Météo France, véritable laboratoire ambulant permettant de mesurer la composition de l'atmosphère à différentes altitudes dans des régions peu accessibles. Il transportait des instruments à base de laser permettant de sonder l'atmosphère à distance, du sol jusqu'à 13 000 m d'altitude, et des capteurs placés sous ses ailes et sur son fuselage pour des mesures locales mais très précises. Pour planifier les vols, des simulations du transport des émissions polluantes étaient réalisées.
-
Le 8 juillet, l'ATR-42 a volé au sud du Groenland dans les panaches de pollution nord-américains (origine anthropique + feux de forêts), visibles sur les données satellites d'IASI et sur la simulation du transport de cette pollution jusqu'au Groenland.
-
Le 11 avril, l'ATR-42 a volé au-dessus de l'océan au nord de la Scandinavie dans les panaches d'aérosols en provenance de Sibérie et d'Europe prévus par les simulations.
Les premiers résultats
Il a d'ores et déjà été établi que les trois grandes régions industrielles mondiales (Nord-Est de l'Amérique, Europe, Sud-Est de l'Asie) contribuent toutes fortement à l'augmentation des composés à courte durée de vie en Arctique et que l'impact des feux de forêt boréaux est plus important que prévu, aussi bien pour les feux estivaux que pour les feux agricoles printaniers d'Europe de l'Est et de Sibérie.
Quel avenir pour l'Arctique ?
La réduction de la banquise d'été que connaît déjà l'Arctique devrait conduire à une circulation accrue des bateaux autour du pôle et la clémence des conditions météorologiques favoriser le développement de complexes industriels. Le changement climatique risque donc d'induire une augmentation des émissions au sein même de la zone polaire, avec un impact accru par rapport à celui des polluants amenés par les vents.

Les simulations réalisées pour 2050-2060 révèlent que l'augmentation du nombre de bateaux circulant le long des nouvelles passes accroîtra significativement les concentrations d'ozone de surface.
La régulation les émissions d'aérosols et d'ozone s'avère aussi nécessaire que celle des émissions de dioxyde de carbone ou de méthane.
| Fichier attaché | Taille |
|---|---|
| Poster : La pollution en Arctique | 4.97 Mo |