Éléments de référence sur les épisodes méditerranéens

Conférence de presse

Le climat méditerranéen est caractérisé par un faible nombre annuel de jours de pluie, cachant des épisodes pluvieux relativement courts et intenses : les épisodes méditerranéens. En France, l'Ardèche, le Gard et l'Hérault sont les départements où la fréquence de ces évènements est la plus élevée. Localement, les précipitations y dépassent au moins sept fois par an les 100 l/m² et une fois par an les 200 l/m², soit environ le tiers de ce qui tombe en moyenne à Paris en un an. Le maximum de précipitations en un jour peut même dépasser les 500 l/m² (voir tableau des évènements marquants). Ces forts cumuls de précipitations peuvent tomber en seulement quelques heures, engendrant des crues rapides.

Le phénomène météorologique

Le phénomène météorologique à l’origine des épisodes de précipitations intenses.
© Météo-France, Véronique Ducrocq
Les épisodes de précipitations intenses sont principalement rencontrés à la fin de l’été et à l’automne. À cette époque, la mer est encore chaude, constituant un réservoir de vapeur d’eau et d’énergie, alors que la région subit les premières descentes d’air froid venu du nord. La présence d’air chaud et humide dans les basses couches et d’air froid plus dense en altitude rend instables les masses d’air au-dessus de la mer. En les ramenant vers les terres, les flux marins se heurtent au relief. Celui-ci les contraint à se soulever (par exemple au-dessus des Cévennes) ou les oblige à le contourner (par exemple pour les Alpes du sud, le long du littoral du Var et des Alpes maritimes), créant des zones où les flux convergent et soulèvent à leur tour les nouvelles masses d’air venues du large. En s’élevant dans l’atmosphère, la vapeur d’eau qu’elles contiennent se refroidit, engendrant des précipitations. Les flux marins apportant continuellement de nouvelles masses d’air humides et instables au-dessus des terres, des orages se déclenchent de manière répétée au même endroit entraînant de forts cumuls de pluie.

Des conséquences dévastatrices : les crues rapides

Plus de la moitié de la superficie du pourtour Méditerranéen est constituée de bassins versants dont la superficie ne dépasse pas les 2 000 km², avec des pentes prononcées dans leur partie amont notamment. Lorsque d’importantes quantités d’eau tombent sur des bassins pentus et de petite taille, la montée des eaux dans les rivières est rapide, typiquement de l’ordre de plusieurs mètres en une heure. Les vitesses d’écoulement atteignent plusieurs mètres par seconde et les débits plusieurs milliers de mètres cubes par seconde. Ces phénomènes sont appelés crues rapides ou crues éclairs, par opposition aux crues lentes ou de plaine qui affectent des cours d’eau et des bassins versants de taille plus importante, comme celui du Rhône. Les crues rapides peuvent engendrer inondations, coulées de boues, glissements de terrain, etc. Dans le cas de Vaison-La-Romaine par exemple, l'Ouvèze a vu le 22 septembre 1992 son débit multiplié par 100 par rapport à son niveau habituel. Au niveau du pont romain, les eaux sont montées d’un mètre toutes les 10 minutes au plus fort de la crue et ont finalement atteint une hauteur de 17 mètres au-dessus du niveau moyen.

Évènements marquants

Date Valeurs remarquables de précipitations Victimes/dégâts

En France

Vaison-La-Romaine
(22 septembre 1992)
300 l/m2 à Entrechaux (Vaucluse) en pratiquement 4 heures 47 victimes
245 communes sinistrées
500 millions d'euros de dommages
Corse
(31 octobre et 1er novembre 1993)
780 l/m2 au col de Bavella (Corse) le 31 octobre 1993
906 l/m2 sur tout l'épisode
6 victimes
133 communes sinistrées
Corbières
(12-13 novembre 1999)
551 l/m2 à Lézignan-Corbières (Aude) le 12 novembre 1999
662 l/m2 sur l'évènement
438 communes sinistrées
533 millions d'euros de dommages
Gard
(8-9 septembre 2002)
543 l/m2 à Saint-Cristol-les-Ales (Gard) le 8 septembre 2002
près de 700 l/m2 sur la totalité de l'évènement
419 communes sinistrées
1,2 milliard d'euros de dommages
Draguignan
(15 juin 2010)
397 l/m2 aux Arcs (Var), 460 l/m2 à Lorgues 25 victimes
1,2 milliard d'euros de dommages

Ailleurs en Méditerranée

Espagne (3-4 novembre 1987) 800 l/m2 à Gandia le 3 novembre 1987
1000 l/m2 sur tout l'épisode
16 victimes
800 millions d'euros de dégâts
Italie (4-6 novembre 1994) 300 l/m2 sur l'épisode de 36 heures dans la région du Piémont 64 victimes
9,6 milliards d'euros de dégâts
Algérie (10 novembre 2001) 260 l/m2 à Alger Plus de 800 victimes
3,2 milliards d'euros de dégâts
Italie (25 octobre 2011) 539 l/m2 à Brugnato, dont 511 l/m2 en 12h 13 victimes

Sources : Pluies extrêmes en France métropolitaine, Météo-France, Ministère du développement durable et site priim.net pour les évènements en France.

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