Pourquoi s’intéresser à la Méditerranée ?

Conférence de presse

Une région soumise à des aléas hydrométéorologiques extrêmes, difficiles à prévoir

La Méditerranée est une mer presque fermée, dont le pourtour présente un relief marqué. Ces singularités sont propices au développement d’évènements extrêmes (pluies intenses et crues, vents violents, sécheresses) dont les conséquences sont aggravées par l’augmentation de l’urbanisation du littoral. À titre d’exemple, les inondations d’Alger de novembre 2001 ont fait plus de 800 morts et celles du Gard de septembre 2002, 24 victimes ainsi qu'1,2 milliard d’euros de dommages.

À ce jour, la capacité de prévision de ces évènements hydrométéorologiques et la simulation de leur évolution avec le changement climatique restent limitées. Les scientifiques manquent en effet de données d’observation et leur compréhension des processus et interactions entre l’atmosphère, la mer et les surfaces continentales lors de ces évènements, demeure partielle.

Un hot-spot du changement climatique

Une région est qualifiée de "hot-spot" du changement climatique lorsque les effets attendus de ce changement sont particulièrement marqués ou bien que ses impacts sur l'environnement ou différents secteurs d'activité risquent d’être très prononcés.

La Méditerranée cumule ces deux caractéristiques. Les modèles climatiques s'accordent sur un assèchement et un réchauffement futurs importants à l’échelle du bassin. Le nombre et la durée des vagues de chaleur et des sécheresses pourraient ainsi augmenter dans les décennies à venir. Ces évolutions exerceront une pression forte sur les ressources en eau, déjà durement sollicitées : le pourtour méditerranéen regroupe aujourd’hui plus de la moitié de la population mondiale qualifiée de "pauvre en eau'. Les scientifiques estiment aussi que le changement climatique modifiera la circulation océanique en Méditerranée et plus particulièrement la formation d'eaux denses, moteurs de cette circulation. Les eaux denses se forment sous l'effet des coups de vent répétés (mistral et tramontane dans le golfe du Lion) : à cause du brassage éolien, les eaux en surface deviennent plus froides et leur salinité augmente par évaporation. À la fin de l'hiver, ces eaux de surface plus denses peuvent plonger jusqu'au fond de la mer, et y apporter de l’oxygène, alors que les substances nutritives, abondantes dans le fond, sont remontées vers la surface. Ce phénomène, dont l'occurrence et l'amplitude sont très variables d'une année sur l'autre, influence largement la dynamique des écosystèmes marins, la chaîne alimentaire marine et les ressources de pêche. Celles-ci pourraient donc être significativement impactées par le changement climatique.

La Méditerranée figure parmi les "hot-spots" du changement climatique les plus marqués au monde. Mais les effets du changement climatique à l’échelle locale y sont encore mal décrits, notamment en raison d’une représentation parcellaire des processus et des interactions mis en jeu dans les modèles climatiques.

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