L'instrument SOLSPEC bientôt en orbite sur la station spatiale internationale

Jeudi, 22 novembre 2007

Le 6 décembre prochain, la navette spatiale américaine Atlantis (STS-122) devrait s'envoler vers la station spatiale internationale (ISS) avec dans ses soutes le laboratoire européen Columbus et deux de ses charges externes. Dans l'une d'elles, l'instrument SOLSPEC est destiné à mesurer avec précision la distribution énergétique spectrale du soleil sur la quasi totalité de son spectre.

Le projet Columbus constitue la contribution majeure de l'Europe spatiale au programme ISS. D'un coût de 880 millions d'euros, il a été réalisé en une dizaine d'années par un consortium de 41 sociétés représentant 14 pays, sous la maîtrise d'oeuvre de EADS Astrium Space Transportations, qui a assuré son assemblage final à Brême, en Allemagne.

Le laboratoire Columbus est un imposant cylindre en aluminium. Pressurisé et relié en permanence à la station, son volume interne de 75 m3 lui permet d'accueillir 3 opérateurs et 10 armoires modulaires interchangeables, contenant des expériences intéressant la recherche fondamentale en biotechnologie, physique des fluides, sciences des matériaux et sciences de la vie.
Des instruments scientifiques peuvent également être installés à l'extérieur de Columbus. Les deux premières charges implantées, qui seront mises en orbite le 6 décembre 2007 avec le laboratoire Columbus, sont EUTEF et SOLAR.
Le laboratoire Columbus et ses charges devraient avoir une durée de vie de 10 à 15 ans.

La charge SOLAR est composée de 3 instruments solaires, dont l'expérience SOLSPEC (Solar spectrum measurement), conçue et réalisée au Service d'aéronomie (SA/IPSL, CNRS / Université Paris 6 / Université Versailles Saint-Quentin), en collaboration avec l'Institut d'aéronomie spatiale de Belgique.

Le but de SOLSPEC est de mesurer, durant toute la partie croissante du cycle solaire 24 (voir encart), l'irradiance solaire absolue (de 165 nm à 3100 nm) et sa variabilité dans le temps, avec une précision jamais atteinte. Les calculs d'erreur, réalisés suite à l'étalonnage de SOLSPEC devant un étalon primaire (corps noir du PTB - Allemagne), permettent d'espérer une précision inférieure à 1,5 %.
Ces mesures solaires sont importantes pour la climatologie, la chimie de la stratosphère et la physique solaire. D'une part, le soleil est une étoile variable dont le cycle ne se répète pas de manière identique, ce qui nécessite d'effectuer régulièrement de telles mesures. D'autre part, notre connaissance des processus physiques et chimiques à l'oeuvre au sein de l'atmosphère terrestre s'améliore, grâce aux nombreuses mesures réalisées in situ (composition, température et dynamique), et la modélisation est en plein essor : il devient de ce fait essentiel de pouvoir fournir aux modèles atmosphériques des valeurs plus précises de l'irradiance solaire.


L'expérience SOLSPEC intégrée à la charge SOLAR, à l'extérieur du laboratoire Européen Columbus. © ESA, D. Ducros

Les cycles solaires

L'observation régulière du soleil a permis de mettre en évidence des cycles dans l'activité solaire. Le cycle solaire 1 commence arbitrairement en 1755, les observations plus anciennes étant considérées comme peu fiables. La longueur moyenne d'un cycle est d'environ 11 ans. Le cycle 19 (maximum en 1958) semble avoir été le plus actif depuis 3 siècles. Le cycle actuel, qui a commencé en 1996 et atteint son maximum en 2000, est le 23. L'année 2008 correspondra donc au début du cycle 24 (partie croissante).

Pour en savoir plus: 
Contact(s):
  • Gérard Thuillier, LATMOS/IPSL
    Gerard [dot] Thuillier [at] latmos [dot] ipsl [dot] fr, 01 80 28 52 60
  • Thomas Foujols, SA/IPSL
    thomas [dot] foujols [at] latmos [dot] ipsl [dot] fr, 01 80 28 51 61

La reprise des actualités du site est autorisée avec la mention "Source : Actualités du CNRS-INSU" et un lien pointant sur la page correspondante.