Premier bilan du programme AMMA sur la mousson africaine

- communiqué de presse

Vendredi, 25 novembre 2005

logo AMMA La 1ère conférence internationale AMMA aura lieu du 28 novembre au 2 décembre 2005 à Dakar. Plus de 250 scientifiques y sont attendus. Il s'agit à la fois de dresser un bilan de la campagne 2005 et de finaliser la programmation pour 2006. Pendant cinq jours, des sessions scientifiques permettront de faire le point des connaissances sur la mousson africaine et des progrès permis par AMMA dans ce domaine.

Lancé en 2001 par des chercheurs francais, le programme AMMA (Analyse multidisciplinaire de la mousson africaine) regroupe aujourd'hui plus de 60 laboratoires européens, africains et américains. Son objectif : mieux connaître les mécanismes de la mousson africaine pour mieux prévoir ses variations et ses répercussions sur le climat local, régional et global mais aussi sur les populations. C'est aujourd'hui l'heure d'un premier bilan, avant le lancement en 2006 d'une campagne d'observations intensives.

La mousson africaine : une source vitale pour les populations du Sahel, un rôle majeur dans le climat planétaire

La mousson africaine est une source vitale de pluie dans les régions du Sahel. Mais elle joue également un rôle important à l'échelle du globe. L'Afrique de l'Ouest est en effet l'une des principales sources de chaleur à l'échelle continentale et influence de ce fait la circulation atmosphérique planétaire. Cette région est aussi une source notable de particules d'aérosols qui, transportés sur de longues distances, ont des impacts sur le changement global du climat.

Or depuis trente ans, l'Afrique de l'Ouest est frappée par une sécheresse d'une ampleur et d'une durée sans précédent au XX ème siècle. A l'origine de cette crise majeure, des perturbations de la mousson africaine. Ce phénomène est-il réversible ? A t-il des causes régionales ou préfigure t-il des modifications profondes du système climatique mondial ?

AMMA, un programme international pluridisciplinaire a été lancé pour répondre à ces questions et comprendre les raisons encore méconnues de ces perturbations de la mousson africaine. Il devrait permettre de mieux connaître la variabilité de la mousson africaine aux échelles de temps quotidiennes, saisonnières et inter annuelles ainsi que ses impacts sur la santé, les ressources agricoles et les ressources en eau. L'objectif, in fine, est d'améliorer les modèles de prévision climatique et météorologique et les simulations à plus long terme. Pour cela le programme s'appuie sur plusieurs vagues d'observations sur toute l'Afrique de l'Ouest : des observations à long terme lancées en 2001 et programmées jusqu'en 2010 ; des observations renforcées entre 2005 et 2007. Cinq grands organismes de recherche francais (CNRS/INSU, IRD, Météo France, Ifremer et le CNES) assurent le pilotage du projet en France, en liaison notamment avec la direction de la recherche de l'Union Européenne (AMMA est soutenu dans le cadre du 6ème PCRD) et avec le National Environnement Research Council (NERC) britannique.

En 2006 : une montée en puissance des observations

2006 sera une année d'observations intensives, notamment depuis l'espace. Des moyens lourds vont être mobilisés pour analyser l'océan et l'atmosphère à grande échelle. Cinq avions de recherche (Falcon 20 et ATR francais, Falcon allemand, Bae 146 britannique et Geophysica européen) seront déployés à partir de Niamey, Ouagadougou et Dakar pour réaliser des mesures de dynamique et de chimie atmosphérique pendant et après le passage des lignes de grain. La première série de mesure débutera en saison sèche, début janvier 2006. Des ballons instrumentés dont un ballon stratosphérique, capable d'aller à plus de 30 000 m d'altitude décolleront de trois plates-formes, Cotonou, Ndjaména et Niamey pour compléter les mesures. Sur l'océan, des campagnes assurées par trois navires (francais, allemand et américain) dans le golfe de Guinée permettront de mesurer le flux atmosphérique mais aussi la température, la salinité des eaux et les courants marins. Ces moyens exceptionnels mis pour la première fois au service d'une campagne de mesures en Afrique devraient permettre de mieux cerner la dynamique de la mousson et la formation des précipitations.

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