MedSeA (Mediterranean sea acidification in a changing climate)

Campagne océanographique côtière

Lundi, 4 juin 2012 - Dimanche, 22 juillet 2012

Contexte et objectifs

Les recherches dans le domaine de l’acidification des océans se sont intensifiées ces dernières années. La plupart de ces recherches ont été, et sont, effectuées en laboratoire sur des espèces ciblées. Ces expériences sont intéressantes d’un point de vue mécanistique mais elles ne permettent pas de prendre en compte les liens étroits existants entre organismes au niveau d’une communauté (compétition, prédation…) et ainsi d’anticiper les effets futurs de l’acidification sur les écosystèmes marins.
Certaines d’entre elles cependant ont été réalisées en conditions in situ. Des expériences en mésocosmes côtiers ont notamment été conduites ces dernières années à Bergen en Norvège dans le cadre du projet PeECE (Pelagic ecosystem CO2 enrichment study). Elles ont permis par exemple, et pour certaines d’entre elles, de mettre en évidence des effets de l’acidification sur le fonctionnement des communautés planctoniques, notamment des modifications des taux de production primaire, des modifications des rapports carbone/azote de la matière organique produite et une augmentation de l’abondance du compartiment bactérien, un effet indirect (en cascade) de l’acidification vraisemblablement dû à une augmentation de l’exsudation phytoplanctonique de carbone organique dissous, ce dernier étant facilement utilisable par les bactéries. Une autre expérience de grande envergure réunissant une trentaine de participants et utilisant des mésocosmes pélagiques de plus de 50 m3 a également eu lieu en 2010 au Svalbard dans le cadre du projet EPOCA (European project on ocean acidification), mais ses résultats ne sont pas encore publiés.

L’objectif général de la campagne MedSeA est de définir si l’acidification de l’eau de mer aura des effets sur le fonctionnement et la structure des communautés planctoniques côtières, particulièrement en zone oligotrophe. Pour ce faire, elle suivra le même protocole expérimental que celui employé au Svalbard et utilisera des mésocosmes de taille similaire. Il s’agira notamment de déterminer quel est l’effet du pH, et de la modification de la chimie des carbonates qui en découle, sur les productions primaires brute et nette, la minéralisation bactérienne, la calcification, le transfert de matière vers les échelons supérieurs, l’export de matière vers les couches profondes et/ou les écosystèmes adjacents (production communautaire nette), la fixation d’azote ou encore la production de gaz ayant un rôle dans la régulation du climat. Cette expérience devra fournir un jeu de données conséquent aux activités de modélisation financées par le projet MedSeA afin d’anticiper l’impact futur de ces zones côtières oligotrophes sur le cycle du carbone (puits ou source de CO2 atmosphérique).

Dates et lieux

La campagne MedSeA méso aura lieu du 4 juin au 22 juillet 2012 à Calvi en Corse à la station Stareso.


Moyens déployés

Cette expérience réunira 25 personnes en provenance de 6 pays européens.
Neuf mésocosmes de 52 m3 seront déployés pendant une période de 30 jours. Ces mésocosmes sont des sacs d’une quinzaine de mètre de profondeur, fermés au fond afin de collecter la matière organique qui sédimente et ouverts sur le dessus, l’eau qu’il contient restant au contact de l’atmosphère. Ils ont été développés et utilisés dans le cadre du projet ANR DUNE et adaptés aux études concernant l’acidification dans le cadre du projet MedSeA.
Six mésocosmes seront soumis à différents niveaux de pression partielle en CO2 (pCO2 ; 450, 550, 650, 750, 1000 et 1250 μatm) couvrant la gamme des pCO2 atmosphériques anticipées pour la fin de ce siècle et les trois derniers à la pression de contrôle de ~ 350 μatm qui correspond à la pCO2 des eaux de surface en juin/juillet à Stareso. Les différents niveaux de CO2 seront atteints par ajouts d’eau saturée en CO2 dans les mésocosmes puis évolueront en fonction de la biologie (principalement) et des échanges avec l'atmosphère (relativement minimes). Approximativement à la moitié de l’expérience, une quantité définie de sels nutritifs sera ajoutée dans chaque mésocosme afin d’y créer une floraison planctonique.


Un mésocosme dans la baie de Villefranche-sur-Mer lors d’une expérience test réalisée en octobre 2011. À gauche, vue du dessus (© LOV/OOV, F. Louis) et à droite vue du dessous (© LOV/OOV, D. Luquet)

Soutiens

Le projet MedSeA est soutenu par la commission européenne dans le cadre du 7e programme cadre (FP7/2007-2013, grant agreement n° 265103) et cette campagne est co-financée par les collectivités territoriales de Corse.

Partenaires

Plymouth marine laboratory (PML, Angleterre), Universitat autonoma de barcelona (UAB, Espagne), Istituto nazionale di oceanografia e di geofisica sperimentale  (OGS, Italie), Mediterranean institute for advanced studies (CSIC-IMEDEA, Espagne), Hellenic centre for marine research (HCMR, Grèce) et Université de Liège (ULg, Belgique).

Laboratoires français impliqués

LOV/OOV (Villefranche-sur-Mer)

Pour en savoir plus: 
Contact(s):
  • Frédéric Gazeau, LOV/OOV
    frederic [dot] gazeau [at] obs-vlfr [dot] fr, +33 4 93 76 38 02
  • Cécile Guieu, LOV/OOV
    cecile [dot] guieu [at] obs-vlfr [dot] fr, 04 93 76 39 95
  • Amélie Sallon, LOV/OOV
    sallon [at] obs-vlfr [dot] fr, 04 93 76 38 02