Mesure du CO2 océanique : vers une meilleure évaluation du bilan de carbone planétaire
- communiqué de presse
Une équipe internationale, à laquelle participent des chercheurs français du CNRS et de l'UPMC, a mis au point une approche synthétique destinée à évaluer l'absorption du CO2 par l'océan. Pour la première fois, les scientifiques ont ainsi pu cartographier les quantités de CO2 absorbées par tout l'Atlantique Nord. Cette étude améliore notre compréhension des "puits de carbone océanique" et permet de prédire le changement climatique de façon plus fiable. Elle pourrait déboucher sur la mise au point d'un système d'alerte précoce de détection de tout affaiblissement de la capacité des océans à absorber le CO2, considérée par certains scientifiques comme le premier signal d'une accélération du changement climatique. Cette étude paraît dans la revue Science du 4 décembre 2009.
L'océan est un "puits de carbone" car il absorbe une partie du CO2 présent dans l'atmosphère. Il atténue ainsi l'augmentation de l'effet de serre dû au CO2 émis par les activités humaines et joue donc un rôle important dans la limitation du changement climatique. Cependant, les quantités de CO2 échangées entre l'atmosphère et l'océan, leurs variations d'une saison à l'autre, d'une année à l'autre, restent incertaines en raison notamment d'un manque d'observations régulières à l'échelle de l'océan mondial.
Distribution des observations internationales de CO2 dans les eaux de surface de l'Atlantique Nord (années 2000-2007).
Nicolas Metzl, chargé de recherche au CNRS, et son équipe du laboratoire LOCEAN (UPMC/CNRS/MNHN/IRD)(1) ont participé à une étude européenne visant à cartographier l'absorption du CO2 atmosphérique par les océans(2). Pour ce faire, les scientifiques ont utilisé des mesures de CO2 océanique réalisées à bord d'un réseau de navires marchands qui naviguent régulièrement dans l'océan Atlantique Nord. En combinant ces données à d'autres, telles que les observations de température de surface de la mer par satellite, ils ont cartographié l'absorption de CO2 par l'ensemble de l'océan Atlantique Nord avec une précision de 20 % environ. Leurs résultats suggèrent que le puits de CO2 dans l'Atlantique Nord varie considérablement d'une année sur l'autre et que ces échanges de gaz sont sensibles aux variations climatiques régionales, comme le réchauffement des eaux de surface.
Des mesures semblables pourraient être réalisées dans d'autres grands bassins océaniques bien couverts par la navigation (navires marchands, de logistique et de recherche). Elles permettraient de mieux évaluer le puits de CO2 dans la plupart des régions océaniques et d'en détecter un éventuel affaiblissement, lequel entraînerait une accélération du changement climatique.
Côté français, cette étude a été réalisée avec le soutien de l'Institut national des sciences de l'Univers du CNRS et de l'Institut Paul Emile Victor.
- Laboratoire d'océanographie et du climat : expérimentations et approches numériques (UPMC/CNRS/MNHN/IRD) du l'Institut Pierre Simon Laplace
- Dans le cadre du programme européen CARBOOCEAN
Tracking the Variable North Atlantic Sink for Atmospheric CO2, by A.J. Watson et al., Science, 4 décembre 2009.
- Contact(s):
-
- Nicolas Metzl, LOCEAN/IPSL
Nicolas [dot] Metzl [at] locean-ipsl [dot] upmc [dot] fr, 01 44 27 33 94
- Nicolas Metzl, LOCEAN/IPSL