Exemple de résultat obtenu par simulation informatique, permettant de visualiser l’effet du nombre d’espèces échantillonnées sur l’amplitude (Min-Max) de l’intervalle de taille. A : Le point de départ de la simulation est la faune actuelle de gastéropodes vivant dans les récifs de Koumac, en Nouvelle Calédonie (2). Dans cette faune constituée de 1941 espèces distinctes, 52% des espèces ont une taille adulte <1 cm, 75% <2 cm, 9% >4 cm, et 1,5% >10 cm, illustrant l’abondance élevée des espèces de (très) petites tailles dans un assemblage normalement diversifié. B, C : La faune de référence (A) est sous-échantillonnée par prélèvement aléatoire d’espèces indépendamment de leur taille, simulant ainsi le résultat d’une extinction aléatoire de 93,5% (B) et de 98,9% (C) des espèces initialement présentes. En passant de A à C, la taille minimale échantillonnée a augmenté de 1,5 mm alors que la taille maximale échantillonnée a diminué de 26,5 cm, soit ~175 fois plus. D : Ce processus entièrement stochastique mène automatiquement à une réduction de l’amplitude de l’intervalle de taille à mesure que le nombre d’espèces constituant l’assemblage diminue, les espèces de (très) grandes tailles étant naturellement (très) rares dans l’assemblage initial (noter que, parce que la taille des êtres vivants varie dans un espace multiplicatif et non additif, et afin de faciliter la visualisation de ces distributions, les deux axes de ce graphique sont représentés en échelles logarithmiques). Ainsi, une extinction de masse, quand bien même agissant aléatoirement au regard de la taille des organismes, abouti nécessairement à la constitution d’écosystèmes post-crises (très) fortement appauvris en espèces de (très) grandes tailles, et donc dominés par des espèces de petites tailles. (© Gilles Escarguel)