ST-ANO-5 : Service national d'observation en instabilités de versants

Le service d'observation OMIV regroupe à l'heure actuelle 4 OSU (OSUG, EOST, OCA, THETA), 5 laboratoires (ISTerre, IPGS, GéoAzur, Chrono-Environnement, Emmah) et des partenaires opérationnels (CEREMA, ONF-RTM).

Son objectif est d'étudier la dynamique des mouvements gravitaires (endommagement, déclenchement, propagation) et l'effet des forçages externes (climat, séismes). De par ses enjeux économiques et sociétaux, cette problématique s'avère cruciale dans les zones de montagne. A l'heure actuelle, les variabilités spatio-temporelles de la dynamique des mouvements de terrains, et celles de leurs forçages, rendent difficiles leur modélisation, malgré les progrès spectaculaires des simulations dans ce domaine. Ce blocage ne peut être levé que par un apport de d'observations multi-capteurs et multi-paramètres, à partir de réseaux denses, et a haute fréquence temporelle.

On peut par exemple souligner l'apport de l'auscultation sismique, qui couplée aux mesures de déplacement, permet entre autre de suivre l'endommagement des massifs depuis la localisation des zones actives et d'éventuelles surfaces de glissement pré-rupture, jusqu'à la propagation du glissement "catastrophique". On accède ainsi à une mesure fine de la rhéologie des mouvements de versants : fragile-plastique pour les roches dures, glissement-écoulement pour les roches tendres.

L'observatoire OMIV a focalisé ses mesures sur quatre sites représentatifs des mécanismes observés dans les Alpes françaises (roches tendres/dures, mouvements lents ou plus rapides):

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    • Glissement d'Avignonet
    • Glissement de La Clapière,
    • Glissement de Séchilienne
    • Glissement de Super-Sauze

Sur chaque site, une instrumentation multi-technique permanente est déployée depuis 2007. Cet observatoire constitue une base de données unique au niveau international dans cette discipline. Les observations visent à caractériser:

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    • la cinématique de déplacement et de déformation (par géodésie terrestre et spatiale, inclinométrie, extensométrie),
    • le comportement sismique du glissement (endommagement fragile via les microséismes et réponses aux séismes régionaux),
    • les réponses hydrologiques/hydro-géochimiques aux forçages météorologiques.

Le croisement entre ces observations apporte de nouvelles contraintes sur la compréhension de la dynamique des mouvements gravitaires et leur susceptibilité aux forçages externes. Des avancés scientifiques significatives en cours (méthodes de localisations micro-sismiques, suivi temporel d'éboulement via les signaux sismiques, bruit de fond sismique comme indicateur d'endommagement, suivi géodésique haute fréquence, suivi hydro-géochimique des écoulements en fracture) s'appuient sur la dynamique de l'observatoire OMIV. L'objectif de cet observatoire est de pérenniser les acquisitions actuelles, avec un effort particulier sur la diffusion rapide des données et de solutions de traitements (déplacement journalier par GNSS, taux de sismicité/catalogue micro-sismique) pour les 4 sites. Les données, qui disposent d'un DOI, sont mises progressivement en accès sur RESIF (données sismologiques) ou sur le site web OMIV.

OSUs et laboratoires responsables :

  • OSUG/ISTerre, EOST/IPGS, OCA/Géoscience Azur, THETA/Chrono-Environnement, UAPV/Emmah

Autres organismes impliqués :

CEREMA, ONF/RTM

Site web :

http://omiv.osug.fr