Les principales conclusions de la 4ème Conférence internationale sur le cycle global de l'énergie et de l'eau

- communiqué de presse

Vendredi, 21 septembre 2001

La 4ème Conférence internationale sur le cycle global de l'énergie et de l'eau s'est tenue à Paris du 10 au 14 septembre 2001. Elle était consacrée aux résultats nouveaux obtenus à partir des mesures expérimentales et des simulations numériques effectuées dans le cadre du programme GEWEX (Global Energy and Water Cycle Experiment), initié par le Programme mondial de recherches sur le climat. Organisée conjointement par l'Institut Pierre Simon Laplace (CNRS-Universités Paris 6 et Versailles) et le programme GEWEX, avec le soutien de l'Institut national des sciences de l'univers (IPSL - INSU-CNRS) et du CNES, cette conférence a réuni quelque 250 spécialistes du monde entier.

Le message le plus important des chercheurs réunis à Paris dans le cadre du programme GEWEX est qu'il y a de profonds impacts du réchauffement global sur les ressources en eau et donc sur les sociétés humaines. L'IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) indiquait récemment que la température globale moyenne allait augmenter de 1.4 à 5.8 degrés Celsius dans les cent prochaines années. Plus important encore est le fait que la distribution globale des précipitations pourrait changer de manière significative, avec des régions particulièrement touchées par des augmentations massives de ces précipitations entraînant des inondations catastrophiques, tandis que d'autres pourraient subir des sécheresses sévères et prolongées. Cela conforte l'hypothèse selon laquelle le cycle global de l'eau s'intensifie et réaffirme l'importance des travaux conduits dans le cadre du projet GEWEX. Plusieurs résultats importants ont fait l'objet de discussions au cours de la conférence. Par exemple, des études récentes ont montré que l'augmentation de la fréquence des inondations centennales dans les grands bassins de l'hémisphère Nord est conforme aux changements prévus par les modèles climatiques. Des chercheurs britanniques et français ont mis en évidence que les modifications du cycle de l'eau engendrées par un réchauffement climatique affecteront la capacité des surfaces terrestres à stocker le carbone. De plus, la conférence a révélé une nouvelle compréhension du rôle des nuages dans la régulation des modèles globaux de précipitations et donc de la redistribution globale de l'eau. Nul ne conteste le fait que les nuages jouent un rôle critique. Pourtant, notre compréhension scientifique de leur structure, de leur formation et de leur comportement n'est pas satisfaisante et ils ne peuvent donc pas faire l'objet de simulations rigoureuses par les modèles globaux de climat actuels. Les scientifiques ayant participé à la réunion GEWEX estiment que le rapport IPCC, en se focalisant sur la moyenne globale des changements de température, ne va pas assez loin car il est encore limité dans l'analyse des implications régionales de l'augmentation de l'effet de serre sur les ressources en eau. L'IPCC se base sur les modèles globaux de climat dont les chercheurs impliqués dans GEWEX pensent qu'ils ne sont pas encore assez pointus pour donner une information régionale précise. Néanmoins, une analyse plus détaillée des variations du cycle de l'eau prédite par ces modèles pourrait aider les pays - en particulier ceux en voie de développement - à planifier l'avenir.

Pour améliorer ces modèles, des équipes internationales de chercheurs - à forte représentation française - collaborent afin d'améliorer notre compréhension de la répartition de l'humidité au sol et de la formation des nuages. Deux missions satellites sont en préparation pour atteindre ces objectifs : CloudSat, un nouveau projet de la NASA, mise sur la combinaison d'observations fines des précipitations et des nuages pour améliorer les prédictions numériques du temps. Le satellite SMOS (Soil Moisture and Ocean Salinity), une mission ESA (Agence spatiale européenne), sera le premier à observer l'humidité du sol, ce qui non seulement améliorera la prévision d'événements extrêmes (inondations, cyclones) par les modèles mais sera aussi de toute première importance pour la gestion des ressources en eau.

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