AMMA : un programme international d'étude de la mousson africaine

Jeudi, 3 mars 2005

La mousson n'est pas seulement asiatique ! Elle existe aussi en Afrique, et plus particulièrement en Afrique de l'ouest, dans les pays du Sahel et ceux qui bordent le golfe de Guinée.

La saison des pluies s'étend de juin à septembre (de juillet à août au Nord de la région concernée). Lorsque le continent se réchauffe, en été, il attire l'air qui s'est chargé en humidité au dessus du golfe de Guinée. Ce flux d'air humide remonte vers le nord et, une fois au-dessus du continent, se transforme en systèmes orageux nommés lignes de grain (du fait de leur structure frontale linéaire). Ces systèmes se déplacent d'est en ouest, arrosant toute la région avant d'arriver sur l'Atlantique, où ils se transforment parfois en cyclones.

Les 10 à 20 systèmes orageux de la saison forment des rivières qui coulent pendant quelques heures, voire quelques jours. Mais elles n'atteignent jamais les fleuves et se terminent en mares. Pour le Sahel, c'est le seul épisode de pluie de l'année. Toutes ses ressources en eau en dépendent, ainsi que ses ressources végétales naturelles et cultivées. Le reste de l'année, le soleil ne réchauffe pas assez le continent pour déclencher le flux d'air humide à l'origine de la mousson. L'atmosphère reste "inerte".

Le problème, c'est que ce phénomène ne se répète pas à l'identique tous les ans. Les conditions climatiques humides des années 1950 et 1960 ont cédé la place à des conditions beaucoup plus sèches, à partir des années 1970. Les scientifiques soupconnent le réchauffement des eaux du proche Atlantique et le changement d'état des surfaces continentales (déforestation et utilisation des sols) d'être les causes de ces sécheresses. En outre, à cette tendance sur plusieurs décennies se sont superposées des variations interannuelles, avec des années extrêmement sèches. Les conséquences sur l'agriculture, l'eau et la santé sont alors dramatiques.


 

  • Au Sahel, dans la région du delta central du Niger, la mousson s'accompagne de l'arrivée de lignes de grain. Celles-ci peuvent s'étendre sur plusieurs centaines de kilomètres de longueur et donner lieu à de violentes précipitations. © CNRS Photothèque, Marie-Françoise COUREL.
  • En bleu : le niveau de pluie, par rapport à la moyenne sur plusieurs années. En rouge, le débit du fleuve Niger, dont les variations sont amplifiées d'un facteur deux, par rapport à celles des pluies. Sur ce graphique, on voit que les conditions climatiques humides des années 1950 et 1960 ont cédé la place à des conditions beaucoup plus sèches, à partir des années 1970.
  • A l'échelle du siècle, les précipitations ont nettement diminué en Afrique de l'ouest (en rouge), alors qu'elles ont augmenté dans d'autres régions du globe comme la France, l'Amérique du Nord, l'Inde et l'Australie. © IPCC.

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