La subduction

Parmi les subductions actuelles, certaines sont exemplaires, soit parce qu'elles constituent des cas extrêmes, soit parce qu'elles font l'objet de toutes les investigations, soit encore parce qu'elles nous sont proches. S'agissant des cas extrêmes, on a déjà parlé du Chili et des Mariannes. Il faudrait peut-être rajouter les Tonga car il s'agit de la convergence la plus rapide du monde associée - et ce n'est pas une coïncidence - à l'expansion arrière-arc, elle aussi la plus rapide connue actuellement. La subduction du Chili est devenue exemplaire suite au séisme le plus puissant jamais enregistré au siècle dernier (Mw9.5, 1960). Par ailleurs, la subduction andine en général se distingue par une cordillère élevée qui doit son existence à l'affrontement entre la plaque Amérique du Sud qui dérive vers l'ouest et la jeune plaque Nazca, portant des reliefs, qui s'enfonce difficilement. Bizarrement, ce ne sont pas ces subductions là qui concentrent les investigations, même si les équipes françaises s’y intéressent depuis des décennies. Les plus étudiées actuellement se trouvent au Japon. D'abord au sud dans la fosse de Nankai où la jeune plaque philippine tarde elle aussi à se plier pour pénétrer dans le manteau, mais aussi au nord, là où s'est produit en 2011 un méga-séisme suivi d'un tsunami dévastateur. L'Indonésie, plus particulièrement au niveau de Sumatra, fût aussi l'objet de toutes les attentions suite à la même séquence d'un méga-séisme en 2004 et d'un tsunami faisant 10 fois plus de victimes qu'au Japon. Enfin, la France outremer est directement concernée par la subduction de l'océan Atlantique sous les Petites Antilles ou celle de la plaque australienne portant la Nouvelle-Calédonie sous l'archipel des Nouvelles-Hébrides. L'estimation des aléas sismique et volcanique, notamment aux Antilles est une priorité nationale. L'une des caractéristiques de cette subduction est que la convergence entre les plaques est très faible, de l'ordre de 1 cm/an. En conséquence, le panneau plongeant a tout le temps de se réchauffer de sorte qu'on n'observe plus aucune sismicité au delà de 200 km. Pour autant, le panneau existe bel et bien jusqu'à la base du manteau supérieur comme l'indique la tomographie. Du fait de ce faible taux de convergence, la récurrence entre les gros séismes peut potentiellement être très grande.

Les petites Antilles

Les Petites Antilles sont nées de la subduction de la plaque Amérique sous la plaque Caraïbe (2 centimètres/an). Cette situation provoque de nombreux séismes, soit au contact des plaques, soit sur les failles qui fracturent la croûte comme lors du séisme des Saintes (Guadeloupe, 2004, magnitude 6,3). Séismes majeurs, liés à la subduction, et tsunamis sont à redouter. Les Petites Antilles forment un arc volcanique. A la Martinique et la Guadeloupe, la Montagne Pelée et la Soufrière sont placés sous la surveillance permanente des observatoires volcanologiques et sismologiques. La dernière éruption de la Montagne Pelée (Martinique) date de 1902 où des nuées ardentes ont détruit la ville de Saint Pierre. La dernière crise de la Soufrière de Guadeloupe date de 1976, il s'agissait d'une éruption phréatique.




Pour en savoir plus

  • Pour plus d'informations sur les caractéristiques d'une subduction particulière, la génèse de cartes ou de coupes, on pourra se reporter au site SubMap (via l'url : http://submap.gm.univ-montp2.fr/)