Faille de l’Altyn Tagh, nord du plateau tibétain (Chine)

Vendredi, 8 janvier 2016

La faille de l’Altyn Tagh est l’une des grandes failles décrochantes qui permettent l’extrusion du plateau tibétain vers l’Est, en réponse à la collision Inde-Asie. Le long de son tracé, d’autres failles, avec une direction oblique à la faille principale, se connectent à la faille de l’Altyn Tagh. Par ce que ces failles sont obliques par rapport à la direction de déformation principale, au lieu d’accommoder un déplacement horizontal, parallèle à la faille de l’Altyn Tagh, elles accommodent une déformation verticale et provoquent une élévation des terrains. La ville chinoise de Subei est construite à l’intersection de deux de ces failles. La photographie montre le massif montagneux du Tanghe Nan Shan en arrière plan avec, juste devant, un ensemble de surfaces perchées qui dominent la surface alluvial actuelle d’où est prise la vue. Ces surfaces sont caractérisées par un substrat rouge (bien visible à droite) qui correspond au socle des conglomérats rouges de l’Oligo-Miocène (~25 Millions d’années). Ces surfaces sont recouvertes par une couche de faible épaisseur (quelques mètres au maximum) d’alluvions Quaternaires datée entre 5000 et 9000 ans, en tous points similaires aux dépôts actuels des rivières. Ces terrasses, dont les plus anciennes sont perchées à ~115m au-dessus de la rivière actuelle, sont les témoins du soulèvement rapide du piedmont de la chaîne par la faille qui se trouve juste au front de ces surfaces. La cartographie et la datation précise de ces surfaces perchées permet donc de déterminer la vitesse de surrection à l’échelle de temps de plusieurs milliers d’années. (Complément de lecture: Van der Woerd et al., JGR 2000). © Yann Klinger, CNRS/IPGP