Projet TROPHIK : modélisation du rôle des éoliennes offshore dans la modification du fonctionnement des réseaux trophiques côtiers et dans le cumul d’impacts

Lundi, 14 mars 2016

Réseau trophique de la zone du futur parc éolien de Courseulles-sur-Mer. Les compartiments trophiques sont classés par niveau trophique, ceux en bleu étant - d’après la littérature - les plus sensibles à la construction et à l’exploitation des parcs. © Doctorat d’Aurore Raoux Depuis deux ans, le laboratoire Biologie des organismes et des écosystèmes aquatiques (BOREA, CNRS / MNHN / IRD / UPMC / Université de Caen Normandie / Université des Antilles) et le laboratoire Morphodynamique continentale et côtière (M2C, CNRS / Université de Caen Normandie / Université de Rouen) travaillent en étroite collaboration pour analyser les impacts potentiels des Énergies marines renouvelables (EMR) sur les réseaux trophiques. Les savoir-faire complémentaires de ces deux laboratoires, notamment sur la connaissance de la baie de Seine et la modélisation des réseaux trophiques, ont conduit à la mise en place du projet TROPHIK (AAP EMR-ITE de l’ANR) dont l’objectif est de poser les bases d’une approche écosystémique des EMR à travers l’exemple du parc éolien de Courseulles-sur-Mer (Calvados).
Cette approche globale et intégrée du réseau trophique est innovante dans le paysage scientifique des études liées aux EMR qui ne reposaient jusqu’à présent que sur une vision fractionnée des écosystèmes.

Ce projet de recherche s’inscrit plus largement dans le CPER(1) Manche 2021 dont l’objectif est de développer des recherches sur les transitions sociétales, alimentaires et énergétiques dans l’espace Manche avec notamment la mise en place du groupe de recherche GREENMAR sur les EMR.

Dans le cadre de TROPHIK, sont mis en œuvre des outils innovants de modélisation trophique statistique, de modélisation des niches (changements d’aires de répartition sous l’effet du changement climatique) et d’analyse des réseaux écologiques.
À cela s’ajoute le caractère original de l’étude du cumul d’impacts en baie de Seine, en particulier avec les possibles changements d’aires de répartition de certaines espèces commerciales en lien avec les changements climatiques. Sur cet aspect, des collaborations seront menées avec le Laboratoire d’océanologie et de géosciences (LOG, Université de Lille 1 / CNRS / Université du Littoral Côte d’Opale).
Enfin, les partenaires France énergie marine et EDF - Energies nouvelles viennent compléter le consortium.

La démarche et les résultats acquis sur ce site pourront ensuite être transposés sur les autres sites éoliens de la façade Atlantique – Manche – mer du Nord et permettre éventuellement d’enrichir et de compléter les études d’impact à venir sur les sites EMR offshore. Enfin, TROPHIK est susceptible de contribuer à une meilleure acceptabilité sociale des projets EMR, en apportant une vision intégrant les différentes pressions que connaissent les écosystèmes côtiers.

(1) Contrat de plan État-région

Contact(s):
  • Nathalie Niquil, BOREA
    nathalie [dot] niquil [at] unicaen [dot] fr, 02 31 56 58 85