Bruno Sicardy : Exploring the outer solar system beyond Neptune using stellar occultations (LUCKY STAR)

AdG 2015, institution hôte : UPMC

Bruno Sicardy, Laboratoire d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysique (LESIA : CNRS / Observatoire de Paris / Université Paris Diderot / Université Pierre et Marie Curie)

Bruno Sicardy. Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm (1978), Maître de Conférences à l’Université Paris 7 de 1983 à 1990, il soutient sa Thèse d’Etat en 1988. Il est nommé Professeur à l’université Pierre et Marie Curie en 1990, poste qu’il occupe à ce jour avec le grade exceptionnel. Il effectue ses recherches au Laboratoire d’Etudes Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique (LESIA) à l’observatoire de Paris-Meudon.

Il est le codécouvreur des anneaux de Neptune (1984), ainsi que des anneaux de Chariklo (2013), un petit corps de type astéroïdal qui est premier objet connu, à part les planètes géantes, à posséder des anneaux denses. Il a également mis en évidence de spectaculaires variations de pression saisonnières dans l’atmosphère de la planète naine Pluton (2002) et a pu mesurer la taille du plus lointain corps du système solaire actuellement observable, Eris (2010), ou l’épaisseur des anneaux de Saturne (1980). Il travaille également sur des problèmes de dynamique, en particulier sur des ondes spirales résonantes excitées dans des disques collisionnels.

Médaille de bronze du CNRS en 1989, Group Achievement Award Voyager Science Investigation en 1990, il a été membre junior de l’Institut Universitaire de France (IUF) en 1994-1999 et membre senior IUF en 2007-2012. Bruno Sicardy est auteur ou co-auteur d’environ 125 articles, dont 15 dans la revue Nature (la majorité comme premier ou deuxième auteur) et 5 dans la revue Science.

Le projet ERC

Le projet ERC Advanced Grant « Lucky Star » a pour but d’explorer le système solaire externe grâce aux occultations stellaires, technique qui consiste à observer un corps planétaire lorsqu’il passe devant une étoile. Cela permet d’obtenir des précisions inégalées – de l’ordre du kilomètre – sur la taille des objets étudiés. Cela permet également d’étudier le cas échéant leur atmosphère dans des domaines de pression (d’une fraction de mbar à quelques microbars) inaccessibles aux autres techniques. Le projet Lucky Star a pour but de déterminer la taille et la forme des corps orbitant au-delà de Neptune pour définir certains de leurs paramètres fondamentaux comme la densité, le pouvoir réflecteur ou la plasticité. Il permet également de suivre les évolutions à long terme des atmosphères de Pluton, ou des satellites comme Titan et Triton. Il a par ailleurs pour but de découvrir des anneaux autour de nouveaux objets et d’en déterminer l’origine. Enfin, il permettra de donner des contraintes sur la distribution de taille des petits corps (< km) du système solaire lointain, qui a son tour nous renseigne sur l’histoire collisionnelle du disque proto-planétaire.

Ce projet se place dans le contexte du projet européen Gaia, qui mesure actuellement les positions de plus d’un milliard d’étoiles avec des précisions ultimes de l‘ordre de 10-10 radian. Cette extraordinaire finesse nous permettra de définir de nouveaux projets de recherche, et en particulier d’étudier des corps du système solaire de plus en plus petits et/ou de plus en plus lointains pour en révéler la diversité.