Séisme en Algérie : les scientifiques du CNRS mobilisés

- communiqué de presse

Lundi, 2 juin 2003

Le séisme du 21 mai au large des côtes algériennes a mobilisé le Groupe d'intervention post-sismique de l'INSU/CNRS, pour constituer une équipe de recherche multidisciplinaire (sismologie, tectonique, géophysique marine, géodésie). L'enjeu est d'étudier ce séisme, pour mieux quantifier l'aléa sismique(1) dans la région et à terme, en collaboration avec d'autres organismes, de mieux gérer le risque sismique(2) comme par exemple la vulnérabilité des constructions. L'action de scientifiques d'une dizaine de laboratoires en France est ainsi coordonnée avec leurs homologues du Centre de recherche en astrophysique, astronomie et géophysique d'Alger. Les chercheurs du département des sciences de l'homme et de la société du CNRS seront également impliqués, ce qui pourrait mobiliser au total une trentaine de chercheurs francais.

Des stations sismologiques ont été déployées en urgence pour compléter le dispositif algérien et enregistrer les répliques du séisme principal. Des stations « marines » seront déposées en fond de mer dans les jours qui viennent. Des stations géodésiques enregistrent déjà la déformation du sol en continu depuis quelques jours. L'imagerie spatiale est mise à contribution pour quantifier la déformation co-sismique (images RADAR) et les dégâts (images optiques haute résolution). Enfin, une campagne de géophysique marine qui était déjà planifiée en collaboration avec l'IFREMER pour cette région en août 2003 fournira une imagerie détaillée des fonds sous-marins et de la rupture, pour vérifier l'hypothèse de glissement de terrain sous-marin. Ce séisme algérien a été ressenti de l'autre côté de la Méditerranée, en France, en Espagne et en Italie. Une vague de Tsunami a été observée aux Baléares et sur les côtes francaises, de nombreux câbles de télécommunication posés en fond de mer ont été emportés. Il s'agit d'un événement majeur à l'échelle de la Méditerranée occidentale, de magnitude 6.7 comparable au séisme de Campanie (Italie) en novembre 1980 et d'El Asnam (Algérie) en octobre 1980. L'activité sismique le long de la côte algérienne n'est pas une nouveauté. Elle résulte de la collision entre les continents africain et européen, entraînés par la tectonique des plaques. Ces deux continents convergent l'un vers l'autre à une vitesse de l'ordre de quelques mm/an. Une petite partie de la déformation résultante se trouve en Europe où elle a contribué à la création de chaînes de montagnes (Alpes, Pyrénées). Le reste (la plus grosse part) est distribué sur des systèmes de failles pour partie en mer, pour partie à terre, tout le long de la « marge » africaine. Cette déformation lente s'accumule petit à petit au voisinage des failles, qui sont en général bloquées par leur « rugosité ». C'est la rupture brutale de la faille qui va relâcher la déformation accumulée au cours des siècles. Les premiers calculs montrent que le séisme du 21 mai est typique des séismes de cette région. Il s'est produit sur un plan de faille très oblique avec un déplacement total de plusieurs mètres vers le haut d'un bloc par rapport à l'autre. L'énergie libérée par le séisme a été focalisée en direction du Sud-ouest (vers Alger) ce qui explique en partie les dégâts importants dans cette zone.

Note(s): 
  1. Probabilité qu'un séisme ait lieu ou non.
  2. Aléa multiplié par les facteurs humains.

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