Un observatoire du risque, du changement global et anthropique pour la Méditerranée

Lundi, 14 septembre 2009

Le nouvel « Observatoire des Sciences de l'Univers », OREME (Observatoire de Recherche Méditerranéen de l'Environnement) sera inauguré les 14 et 15 septembre 2009 à Montpellier. Décidé par l'INSU-CNRS en décembre 2007, et par le Conseil d'Administration de l'Université Montpellier 2 en janvier 2009, il associe également l'INEE-CNRS et l'IRD. Sa mission : collecter, archiver, diffuser les données nécessaires à la compréhension des mécanismes du changement global dans ses effets environnementaux.

Pour Nicolas Arnaud, directeur de l'OREME, « le caractère inéluctable des changements planétaires est maintenant démontré, et leurs effets sont même parfois déjà ressentis par nos concitoyens. Cette démonstration a été possible grâce à la synergie entre observation systématique du milieu naturel et modélisation, s'appuyant autant sur la qualité grandissante des modèles et des puissances de calculs que sur la qualité intrinsèque des données fournies en entrée et en validation des résultats. L'observation systématique du milieu naturel est donc indispensable à l'étude des aléas naturels et du changement global : elle permet de conduire la recherche fondamentale qui détermine les marqueurs pertinents, tout autant que le suivi des aléas et du changement global et le développement de stratégies de remédiation. »

La région méditerranéenne, et le Languedoc Roussillon tout particulièrement, sont des lieux sensibles à la fois pour leurs caractéristiques géologiques, hydrologiques et biologiques, et par leur situation côtière et d'interface entre régions écologiques arides et tempérées, amplifiant leur réponse aux changements climatiques attendus.

Le site de Montpellier a un rayonnement international reconnu dans les domaines de l'environnement. Il regroupe plusieurs dizaines d'équipes de recherches, soit environ 2500 chercheurs, enseignants-chercheurs et techniciens, regroupés à l'université Montpellier 2, dans de nombreux organismes de recherche dont l'IRD et des établissements partenaires comme les Universités Montpellier 1 et 3 et Montpellier Sup Agro.

La communauté scientifique de Montpellier a par ailleurs une spécificité forte dans la coopération scientifique Nord-Sud (Milieux méditerrannéens et tropicaux) et l'aide au développement. Il était donc légitime qu'un Observatoire de l'Environnement naisse sur les bords de la Méditerranée.

Les « Observatoires des Sciences de l'Univers » ont trois missions fondatrices : la recherche fondamentale, la formation et surtout l'observation du milieu naturel, continue, sur de longues périodes, qui doit recouvrir aujourd'hui l'ensemble du champ de l'environnement. Rien de surprenant par conséquent à ce que l'OREME soit le premier observatoire à être reconnu à la fois par l'INSU-CNRS, l'INEE du CNRS, et l'IRD.

S'appuyant sur les composantes de formation de l'UM2 pour sa mission pédagogique, l'OREME se focalisera sur sa capacité à mobiliser des moyens d'observation lourds et pérennes et des compétences scientifiques et techniques reconnues sur des aspects très divers de l'environnement physique, chimique et biologique méditerranéen. L'OREME devra tisser les liens entre les communautés scientifiques, écologie, biodiversité, sciences de l'univers, afin qu'elles travaillent ensemble sur les signaux obtenus des systèmes d'observation pérennes très différents mais complémentaires.

L'un de ses principaux challenges réside dans la capacité de l'OREME à récolter, intégrer et partager les données hétérogènes associées à ces disciplines et mettre en évidence des corrélations qui ne pouvaient l'être au préalable. A la clé de cette mise en relation des données : la découverte de signaux systématiques permettant de juger de l'effet du changement global et/ou anthropique et d'en comprendre les mécanismes (aléa, vulnérabilité) dans ses effets environnementaux.

Pour en savoir plus: 
Contact(s):
  • Nicolas Arnaud, INSU-CNRS
    nicolas [dot] arnaud [at] cnrs-dir [dot] fr, 01 44 96 42 87