Image satellite Quickbird de la faille de l'Altyn Tagh qui borde le nord du plateau du Tibet.

Lundi, 6 octobre 2008

L'Inde ne fit pas toujours partie de l'Asie. Elle est venue s'y souder, poussée par la tectonique des plaques. La collision n'est pas arrêtée, l'Inde poursuit sa montée vers le Nord à la vitesse d'environ 4 cm par an. Les conséquences de cet événement géologique sont nombreuses et spectaculaires. La plus majestueuse est la chaîne Himalayenne. Le plateau du Tibet, très différent géologiquement, en est aussi la conséquence. De grandes failles, longues de milliers de kilomètres, sont aussi le résultat de cette collision, leurs mouvements au fil des millions d'années, permet d'absorber la collision. Mais ces mouvements provoquent des séismes parmi les plus puissants. Pour comprendre comment la collision opère, la manière dont les séismes se produisent, leur fréquence, leur intensité, les géologues étudient les grandes failles du Tibet, notamment par images satellites.
Sur cette image satellite haute résolution, la faille de l'Altyn Tagh, au nord du Tibet, traverse comme une cicatrice le paysage horizontalement. L'échelle est donnée par la ville d'Aksai, à la forme triangulaire au centre de l'image. La faille (décrochante sénestre) décale vers la gauche le lit des nombreuses petites rivières, qui la traversent et coulent depuis les montagnes (en bas) vers la plaine (en haut). On note à gauche de la ville, des petits plis en formation émergeant à travers les surfaces alluviales plus plates. Ils traduisent l'existence d'une composante compressive de la déformation, en plus de la composante décrochante qui domine.

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