Un téléobjectif géant pour observer le ciel...

Première lumière d'AMBER - communiqué de presse

Vendredi, 2 avril 2004

Voir les planètes se former ? Sonder l'environnement des trous noirs ? Plonger au coeur des galaxies ? Un rêve ? Plus maintenant... AMBER, l'interféromètre - installé au Chili sur le VLT européen - qui vient de réussir ses premiers essais sur le ciel, est un instrument qui va permettre aux chercheurs de zoomer sur l'Univers. Le consortium européen(1) qui a concu et réalisé l'instrument pour l'Observatoire Européen Austral (ESO), procure ainsi à la communauté astronomique un outil d'une puissance inégalée.

 

Table AMBER lors de sa mise en place au VLTI. © A. Richichi. ESO. CNRS. LAOG. OSUG. L'instrument AMBER a été concu pour mélanger la lumière infrarouge provenant de deux ou trois des télescopes du VLT afin de multiplier par au moins 25 sa résolution angulaire (capacité à percevoir les détails). En recombinant la lumière de trois télescopes du VLT, on pourra ainsi obtenir des images avec la finesse de détails que fournirait un gigantesque miroir de 200 mètres de diamètre. En outre, AMBER associera pour la première fois un spectrographe performant à un interféromètre composé de très grands télescopes.

Près d'une centaine de projets d'observation ont déjà été déposés par le consortium et de nombreux autres sont attendus de la communauté astronomique. On y retrouve plusieurs objectifs clefs de l'astronomie moderne :

  • Obtenir des images de disques de poussière abritant des étoiles et des systèmes planétaires en cours de formation. On pourra alors analyser les conditions de la gestation de ces astres grâce aux détails fins fournis par AMBER.
  • Comprendre la physique des trous noirs qui semblent se former au c½ur des galaxies. Actuellement, l'optique adaptative permet de détecter les effets du trou noir au centre de notre Voie Lactée. AMBER nous offre la possibilité d'explorer les noyaux actifs d'autres galaxies.
  • Détecter pour la première fois de la lumière venant directement de planètes extra-solaires « Pégasides ». Il s'agit de planètes de taille comparable à celle de Jupiter mais beaucoup plus proches de leur soleil. On pourra alors déterminer leurs masses et leurs spectres et commencer à étudier leurs atmosphères.

Dirigé depuis Nice et Grenoble, le consortium AMBER est très largement européen. L'OAA à Florence a construit le spectromètre refroidi et le MPIfR de Bonn a réalisé la caméra infra-rouge et la chaîne d'acquisition des données. Ces Instituts ont ainsi chacun contribué à près du quart du coût consolidé du projet. L'essentiel du montage opto-mécanique et du logiciel de contrôle instrumental a été produit à Nice, en partie avec l'aide d'Instituts francais comme l'Observatoire astronomique de Bordeaux, l'Institut de Recherche en Communication Optique et micro-ondes et la Division Technique de l'INSU. Le LAOG a pris en charge les logiciels d'observation et de traitement des données ainsi que l'intégration finale des différents éléments et a été le lieu des longs essais nécessaires avant l'expédition de l'instrument vers sa destination finale : l'observatoire du Very Large Telescope sur le Mont Paranal au Chili.

Note(s): 
  1. Le consortium comprend :
    • Laboratoire d'AstrOphysique de Grenoble (LAOG : UMR - CNRS, Observatoire des Sciences de l'Univers de Grenoble, Université Joseph Fourier)
    • Laboratoire Gemini de l'Observatoire de la Côte d'Azur (OCA)
    • Laboratoire Universitaire d'Astrophysique de Nice (LUAN)
    • Institut Max Planck de Radioastronomie de Bonn (MPIfR)
    • Observatoire Astrophysique d'Arcetri à Florence (OAA)
Pour en savoir plus: 
  • Site AMBER au LAOG
  • Le film sur la réalisation d'AMBER est disponible à CNRS Diffusion (1, place Aristide Briand 92190 Meudon. Tél.: 01 45 07 56 91)

La reprise des actualités du site est autorisée avec la mention "Source : Actualités du CNRS-INSU" et un lien pointant sur la page correspondante.