Prix Irène Joliot Curie catégorie 'femme scientifique de l'année' décerné à Cecilia Ceccarelli

Mercredi, 15 novembre 2006

Cecilia Ceccarelli mène des recherches de pointe dans le domaine de l'astrochimie et plus spécifiquement dans la formation des étoiles solaires. En atteste le nombre de publications et d'invitations pour donner des «review talks» dans des congrès internationaux prestigieux, tel que le Nobel Symposium 2006 sur l'Astrochimie.

Le parcours professionnel de Cecilia Ceccarelli se décompose en deux grandes périodes : avant et après son arrivée en France.

Avant son arrivée en France de 1980 à 1984

Proto étoile HH-34 dans la constellation d'Orion. © ESO. Elle mène à l'Université de Rome des études observationnelles de cosmologie. Pendant deux ans, de 1984 à 1986, elle travaille, dans des laboratoires scientifiques de l'industrie aéronautique italienne, sur des projets spatiaux.

Recrutée en 1986 comme chercheuse permanente au Consiglio Nazionale della Ricerca, Cecilia Ceccarelli entame à l'Instituto dello Spazio Interplaneterio de Rome l'étude des premières phases de formation des étoiles comme le Soleil. Durant cette période, elle participe à la réalisation du spectromètre infrarouge LWS embarqué sur le satellite Infrared Space Observatory (ISO), financée par l'Agence spatiale européenne (ESA).

Elle est alors promue chef du projet du software de bord (OBS) de ISO-LWS.

Pour se préparer à l'exploitation scientifique des résultats, Cecilia Ceccarelli passe deux ans (1992-1994) à la Nasa Armes Research, basée en Californie, où elle rencontre D. Hollenbach et X. Tielens, deux experts mondiaux de la chimie et de la physique du Milieu interstellaire.

Avec leur collaboration, elle a développé un modèle pour la prédiction des spectres (raies moléculaires et atomiques) émanant des proto-étoiles de type solaire. Ce modèle a offert une nouvelle méthodologie, actuellement utilisée par de nombreux groupes de recherche dans le monde. Il a généré une série de découvertes qui a porté Cecilia Ceccarelli au rang d'expert mondial dans sa discipline.

En France depuis 1996

Maternité stellaire. © ESO. Cecilia Ceccarelli a rejoint le Laboratoire d'AstrOphysique de Grenoble (LAOG - CNRS/UJF), un des centres de recherche sur la formation stellaire les plus importants dans le monde.

Avec E. Caux (CESR - Toulouse) et Alain Castets (directeur de l'Observatoire de Bordeaux), elle fonde le groupe WAGOS (Working Astronomical Group on Star formation).

Avec WAGOS, elle obtient des résultats très importants sur l'étude de la formation des étoiles semblables à notre Soleil, notamment :

  • la découverte d'une formation anormale de molécules deutérées c'est-à-dire de molécules avec des atomes de Deutérium à la place des atomes d'Hydrogène
  • la découverte des «Hot Corinos», petites régions chaudes autour des étoiles jeunes où l'on trouve des molécules organiques complexes en grande quantité

Cecilia Ceccarelli contribue également au projet HIFI, un spectromètre sub-millimétrique qui embarquerasur le futur satellite européen Hershell Space Observatory.

Elle a aussi un rôle très actif dans la formation des jeunes femmes aux sciences : au cours des six dernières années, elle a supervisé la thèse de quatre étudiantes.

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