Actions Nationales pour l'Observation en Océan Atmosphère

Le système climatique est un système très complexe dont le comportement naturel peut être perturbé par les activités humaines.

Au cours des dernières décennies, une stratégie internationale s'est mise en place pour acquérir les données nécessaires à la description du système global, pour analyser les processus majeurs qui interviennent et pour quantifier leur rôle. Cette organisation internationale s'est développée à l'origine au travers du Programme International Géosphère-Biosphère (PIGB), dont le relais a été pris par le programme Future Earth, et du Programme Mondial de Recherche sur le Climat (WCRP), auxquels la France participe, grâce en particulier aux Programmes nationaux de l'INSU.

Ces actions ne ressortent pas directement d'une obligation contractuelle avec l'Etat, mais, en raison des conventions internationales et des directives européennes, il est indispensable de disposer des évaluations scientifiques fondées sur des observations et utiles pour les représentants français dans les conventions internationales sur le climat et le développement durable.

La communauté scientifique est souvent sollicitée pour évaluer les conséquences à long terme du changement global ou l'effet des perturbations anthropiques, avec l'objectif de prévoir, à l'échelle du siècle, l'évolution et le devenir de la planète Terre et d'évaluer l'impact de certains événements naturels sur la société.

De plus, certaines observations récurrentes, à plus ou moins haute fréquence, et à long terme, sont rendues nécessaires par l'étude de la dynamique des processus, avec souvent un vision régionale ou globale, mais aussi locale.

Toutes ces raisons amènent à la nécessité de disposer de séries de données de longue durée afin de mieux appréhender le fonctionnement de systèmes naturels complexes. Ces séries sont acquises par l'INSU grâce à des services nationaux d'observation labélisés dont une majorité fait partie de réseaux internationaux. Dans ce contexte l'INSU labélise des Services Nationaux d'Observation, le plus souvent organisés en réseau, chacun destiné à la mesure d'un nombre limité de paramètres océaniques ou atmosphériques, ainsi que des Sites Nationaux Instrumentés qui regroupent sur un même site une grande variété d'instrumentation et de mesures atmosphériques destinées à des analyses sur le long terme.

Il faut rappeler que dans le domaine de l'océan, de l'atmosphère et du climat il existe d'autres Services d'observation dits « opérationnels » qui correspondent aux missions spécifiques de certains organismes. On peut citer par exemple :

  • Météo-France, pour le réseau de mesures météorologiques, liées au réseau mondial d'observation ;
  • IFREMER, pour les réseaux de surveillance du milieu marin : RNO (pour la qualité du milieu marin) ; REMI (pour la qualité micro-biologique) et REPHY (réseau pour le phytoplancton).
  • Les Associations locales mises en place par la Loi sur l'Air, pour la surveillance de la qualité de l'air autour des centres urbains.

Enfin, l'importance de la modélisation numérique dans la recherche a amené l'INSU à soutenir un nombre restreint de codes numériques à vocation communautaire, dans le but de lui permettre de rester au plus haut niveau dans la compétition internationale.

Ces services labélisés sont régulièrement évalués par la commission spécialisée Océan-Atmosphère (CSOA), qui est une commission inter-organismes coordonnée par l'INSU. Ceux qui ne remplissent pas, ou plus, le cahier des charges d'un service labélisé sont arrêtés alors que de nouveaux peuvent émerger.

Les services labélisés se fédèrent progressivement en infrastructures nationales dans la feuille de route IR/TGIR du MENESR. C'est ainsi qu'en décembre 2015, pour le domaine océan atmosphère, 3 nouvelles IR ont été labélisées par le MENESR ; elles ont pour objet de fédérer les services labélisés par l'INSU ou ses partenaires (briques de bases) relevant du domaine côtier et littoral (IR I-LI-CO), du domaine des sciences de l'atmosphère (IR ATMOS), et du domaine de la modélisation climatique (CLIM ERI). Le financement de ces IR relève toujours principalement des organismes via les soutiens accordés aux services labélisés (briques de base), mais il est espéré que le fonctionnement général de l'infrastructure (animation, travail transverse …) sera soutenu par des crédits SOERE et/ou IR du MENESR.

Dans le domaine océan/atmosphère, les évolutions suivantes sont à signaler à partir de début 2016 :

  • délabélisation des services PAES (pollution atmosphérique à échelle synoptique) et CESOA (cycle atmosphérique du soufre),
  • nouvelle labélisation de CLAP (contribution française à l'infrastructure européenne ACTRIS sur les aérosols atmosphériques),
  • nouvelle labélisation de deux sites instrumentés (Maïdo-La Réunion, et CRA-Lannemezan)
  • évolution du service INDAF (International Network of Deposition and Atmospheric chemistry in Africa)