La qualité de l’eau en agglomération parisienne, un défi de taille
De la source au robinet, avant d’être bue, l’eau potable que boivent les Parisiens suit tout un cheminement. Elle doit être captée, traitée, transportée, distribuée, puis après usage, restituée au milieu naturel. Ce parcours est appelé « petit cycle de l’eau ». Mais assurer à la fois l’alimentation en eau potable et la gestion des eaux usées de l’agglomération parisienne n’est pas une mince affaire ! L’essor démographique de la métropole a en effet impliqué et implique encore une évolution constante de ce cycle.
À Paris, jusqu'en 1860, la Seine est simultanément la source principale d’eau potable et le point de rejet des eaux usées et industrielles. À partir de la restauration de la ville de Paris par Haussmann, les premiers réseaux d’eaux usées sont initiés sous l’impulsion d’Eugène Belgrand. Un réseau souterrain évacuant les eaux usées à l’aval de Paris permet désormais d’assainir les rues et d'éviter les épidémies de choléra. Avec l’essor de l’agglomération parisienne, la ressource en eau potable provient dorénavant des rivières et des eaux souterraines en amont (une zone considérée comme non polluée par les activités urbaines). Après son utilisation, elle est rejetée en aval des villes. Ce petit cycle de l’eau montre cependant rapidement des limites. Progressivement, les campagnes en amont se transforment en zones agricoles sujettes aux pollutions diffuses dues à l’utilisation d’engrais et de pesticides. Par ailleurs, en aval de Paris, de nouvelles agglomérations voient le jour au niveau des rejets parisiens.
L’anthropisation des eaux parisiennes a généré depuis lors une pression polluante encore mal connue : antibiotiques que nous consommons, parabènes présents dans nos cosmétiques, phtalates
Dorénavant, avec l’évolution des techniques d’analyse de la composition de l’eau, une variété croissante de contaminants chimiques issus des activités humaines est détectée dans les rivières. Ces composés, présents à des concentrations de l’ordre du microgramme voire du nanogramme par litre, sont pourtant susceptibles d’avoir des effets sur l’écosystème aquatique. Si une centaine de substances permettent aujourd’hui de décrire l’état chimique des masses d’eau en France, les agences en surveillent environ 1000. On est cependant encore loin des 135 000 substances documentées par l’Agence européenne des produits chimiques.
Autrices et auteur
Hélène Blanchoud, maîtresse de conférence de l'École Pratique des Hautes Études à l'UMR METIS (Milieux environnementaux, transferts et interactions dans les hydrosystèmes et les sols) / Ecce Terra
Thomas Thiebault, maître de conférence de l'École Pratique des Hautes Études à l'UMR METIS (Milieux environnementaux, transferts et interactions dans les hydrosystèmes et les sols) / Ecce Terra
Elodie Guigon, maîtresse de conférence de l'École Pratique des Hautes Études à l'UMR METIS (Milieux environnementaux, transferts et interactions dans les hydrosystèmes et les sols) / Ecce Terra
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