MIDAS permet d'obtenir les premières images en 3D des particules de poussières dans la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko

Lundi, 19 septembre 2016

MIDAS : Micro-Imaging Dust Analysis System, un microscope à force atomique a été pour la première fois développé et embarqué à bord de la sonde spatiale Rosetta, qui termine actuellement son long rendez-vous avec la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Cet instrument a fourni des images exceptionnelles révélant la structure à très petite échelle des particules solides cométaires.

MIDAS collecte, puis obtient des images en 3D des particules de poussière présentes près du noyau cométaire. Les scientifiques peuvent ainsi déterminer leur morphologie et avoir accès à leurs mécanismes de formation. Ces nouveaux résultats, publiés dans le journal Nature, démontrent que ces particules sont, à des très petites échelles de quelques dizaines de micromètres, et même de quelques centaines de nanomètres, constituées de minuscules grains irréguliers, bien plus petits que ce qui avait jamais pu être observé.

MIDAS a mis en évidence des morphologies diverses, avec des particules relativement compactes, et d’autres beaucoup plus poreuses et d’aspect floconneux (voir figure).

De tels « agrégats d’agrégats » constituent des structures hiérarchisées qui auraient pu se constituer à partir de minuscules grains sphéroïdaux d’origine interstellaire lors de la formation du système solaire.


Images tomographiques d’un agrégat “floconneux” (E), obtenues par le microscope à force atomique de MIDAS à bord de Rosetta (Nature, 537, 73-75, 2016, Fig. 3, b et c). a) Vue de dessus (1 pixel = 210 nm), avec une échelle de couleur représentant la hauteur. b) Sous-ensembles ou grains surlignés, mis en évidence à la résolution de l’instrument. c) Image 3D, avec la hauteur multipliée par deux pour faciliter la visualisation. Crédits : ESA/Rosetta/IWF for the MIDAS team IWF/ESA/LATMOS/Universiteit Leiden/Universität Wien


Ces découvertes confirment les résultats de longues recherches menées, en particulier par la communauté française, sur la structure des particules solides dans le système solaire, et tout spécialement dans les comètes. Elles fournissent des indices précieux, grâce à une mission qui mérite vraiment son nom de « Pierre de Rosette » de nos origines, sur la nature des particules présentes dans la nébuleuse proto-solaire et sur leurs mécanismes d’agglomération. 

Contact scientifique :

  • Anny-Chantal Levasseur-Regourd, UPMC, co-Investigateur pour MIDAS, au Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales, LATMOS (CNRS/UPMC/UVSQ), anny-chantal [dot] levasseur-regourd [at] latmos [dot] ipsl [dot] fr, 01 44 27 48 75

 

Source(s): 

Aggregate dust particles at comet 67P/Churyumov-Gerasimenko, M.S. Bentley, R. Schmied, T. Mannel, K. Torkar, H. Jeszenszky, J. Romsted, A.C. Levasseur-Regourd, I. Weber, E.K. Jessberger, P. Ehrenfreund, C. Koeberl, O. Havnes, Nature, 537, 73-75, 1er septembre 2016.

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