Vers une explication des séismes inattendus dans les régions continentales stables

Lundi, 26 septembre 2016

Une équipe de recherche franco-internationale explique l’occurrence des séismes inattendus observés dans les régions continentales stables, en dehors des frontières des plaques tectoniques. Ces travaux, publiés dans Geophysical Research Letters, ont été pilotés par un chercheur du Laboratoire de Géologie de l'Ecole Normale Supérieure (CNRS / ENS Paris).


Distribution des séismes de magnitude supérieurs à 6 du 13ème siècle à nos jours. Les cercles rouges indiquent les événements qui concernent les intérieurs continentaux stables. Source de l'image : E. Calais.

Les régions continentales stables, hors des frontières des plaques tectoniques, sont le lieu de séismes inattendus et énigmatiques. S’ils sont relativement rares, ces séismes affectent des régions non préparées et font systématiquement de forts dégâts. Ils posent des problèmes spécifiques pour l’installation et le dimensionnement d’ouvrages sensibles, nucléaires par exemple, dans des zones réputées géologiquement stables.

Dans ces travaux, les auteurs proposent que ces séismes soient déclenchés par des perturbations transitoires et locales des forces tectoniques, et non par l’accumulation lente de ces forces sur des failles persistantes comme dans le cas des frontières de plaques.

Ces perturbations à l’origine de ces séismes inattendus peuvent être d’origine externe et résulter par exemple d’épisodes d’érosion rapide ou de variations hydrologiques du sous-sol. Elles sont suffisantes pour vaincre la résistance de failles déjà proches de la rupture, qui libèrent alors l’énergie élastique accumulée dans le volume de la croûte continentale sur plusieurs millions d’années.

Cette nouvelle théorie explique les caractéristiques connues, mais non comprises, des séismes intraplaques, notamment leur caractère non persistant, leur occurrence en essaim, et leur apparente migration en fonction du temps. Dans ce nouveau modèle, l’aléa sismique dans les régions continentales stables serait alors plus distribué que ce qu’indiquent les paléoséismes, la sismicité actuelle, ou les mesures géodésiques.

Source(s): 

Calais, E., T. Camelbeeck, S. Stein, M. Liu, and T.J. Craig,
A New Paradigm for Large Earthquakes in Stable Continental Plate Interiors,
Geophysical Research Letters (Frontier Article), on-line 15 September 2016, http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2016GL070815/full

Contact(s):
  • Eric Calais, Laboratoire de Géologie de l'Ecole Normale Supérieure (CNRS / ENS Paris)
    eric [dot] calais [at] ens [dot] fr, 01 44 32 22 17

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