L’observatoire atmosphérique HBAO en Namibie labélisé station régionale par l’OMM

Lundi, 3 octobre 2016

La station de mesures atmosphériques "Henties bay aerosol observatory" a reçu officiellement, le 16 juin 2016, le label "Regional GAW" de l’Organisation météorologique mondiale.


Vue panoramique du site de mesure de Henties Bay. © Mathieu Cazaunau, LISA/IPSL

La station de mesures atmosphériques Henties bay aerosol observatory (HBAO) a reçu officiellement, le 16 juin 2016, le label Régional GAW de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Environ 400 stations réparties dans le monde bénéficient de ce label prestigieux pour leur intérêt scientifique, pour leur représentativité à grande échelle, ainsi que pour la fiabilité et la pérennité de leurs mesures.

Localisation géographique de l'observatoire HBAO (Uwe Dedering sur Wikipedia allemand [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html), CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0) ou CC BY-SA 3.0 de (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/de/deed.en)], via Wikimedia Commons) L’observatoire HBAO est situé à Henties Bay (côte atlantique de l’Afrique australe, 22°6’S, 14°30’E, 20 m d’altitude), sur le campus de Sam Nujoma marine and coastal resources research centre (SANUMARC) de l’Université de Namibie.
Il a été créé en 2011 dans le cadre d’une collaboration entre une équipe du Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (LISA/IPSL, CNRS / UPEC / Université Paris Diderot), le Climatology research group (CRG, NorthWest University, Afrique du Sud) et l’Université de Namibie. Il constitue un excellent exemple de collaboration entre des institutions régionales et la communauté de recherche internationale au service de l’observation et de la compréhension du changement climatique.
Cet observatoire est aujourd’hui intégré au réseau photométrique global AERONET/PHOTONS.
HBAO est financé par le CNRS et la National research foundation d’Afrique du Sud (programme GDRI ARSAIO) et par les ministères des Affaires étrangères et du développement international (MAE) et de l'Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) (programme PHC PROTEA). Il bénéficie du support de l’Université de Gand (Belgique) et de l’Institute of meteorology and climate research (Allemagne).

Cette reconnaissance va permettre de renforcer les liens scientifiques entre les institutions fondatrices en vue d’une vaste campagne intensive qui impliquera six laboratoires français(1) au sein du projet AEROCLO-SA (Aerosol radiation and clouds in southern Africa).

Les instruments de la station de Henties Bay
Vue de la terrasse instrumentée de l'observatoire. © Anais Feron, LISA/IPSL La station de mesure dispose d’un ensemble d’équipements destiné à la caractérisation de l’aérosol atmosphérique et de ses impacts :

  • une microbalance automatisée pour la mesure de la concentration massique des particules ;
  • un néphélomètre spectral pour la mesure de la diffusion de la lumière par les aérosols ;
  • un aethalomètre pour la mesure de l’absorption de la lumière par les aérosols ;
  • un compteur pour la mesure du spectre dimensionnel des aérosols ;
  • un dispositif de collecte automatique d’échantillons d’aérosols pour la mesure de leur composition chimique ;
  • un photomètre soleil/lune pour la mesure de l’épaisseur et des propriétés optiques des aérosols ;
  • un analyseur d’ozone ;
  • une station météorologique pour la mesure de la vitesse et direction du vent.

L’intérêt de la région
La région de l’Atlantique sud-tropical et de l’Afrique australe située entre 5° et 30°S est une région où les modèles climatiques divergent dans leurs prédictions de l’effet radiatif des aérosols et où le réchauffement climatique et la réduction des précipitations seraient les plus intenses.
Cette région est un véritable laboratoire naturel pour étudier les interactions des aérosols avec le rayonnement solaire et les nuages, car elle est caractérisée par une couche quasi permanente de nuages (stratocumulus), située au sommet de la couche limite marine, tout en étant le carrefour d'aérosols d’origines très diverses et aux propriétés physiques et chimiques très variées. En effet, l'Afrique australe est la plus importante source mondiale d'aérosols issus de feux de biomasse (environ 50 % des émissions globales). Elle compte également des sources importantes de poussières désertiques, des zones portuaires développées qui sont autant de sources de pollution ainsi que l'un des écosystèmes marins les plus productifs au monde mais aussi source potentielle d'aérosols organiques.

Le label Regional GAW et l’OMM
Le label Regional GAW (Global atmosphere watch ou Veille de l’atmosphère globale) est décerné par l’Organisation météorologique mondiale aux stations scientifiques de référence. Le réseau de stations de mesure ainsi constitué est l'épine dorsale du programme GAW. Ces stations sont exploitées par les pays d'accueil, par leurs services météorologiques nationaux ou par d'autres organismes scientifiques nationaux. Plus de 80 pays accueillent activement des stations GAW.
L’OMM est l’institution des Nations Unies qui fait autorité pour l’état et le comportement de l’atmosphère terrestre, son interaction avec les océans et son impact sur le climat et les ressources en eau. Sous son égide, les services météorologiques nationaux contribuent activement à la protection de l’environnement, des personnes et des biens contre les catastrophes naturelles et au renforcement du bien-être économique et social de tous les secteurs de la société. L’OMM favorise la mise en place de réseaux permettant d’effectuer des observations et alertes météorologiques, climatologiques, hydrologiques et géophysiques. Dans ce cadre, elle se munit d’un réseau de stations de références régionales et mondiales.

Note(s): 
  1. Laboratoire inter-universitaire des systèmes atmosphériques (LISA/IPSL, UPEC/ CNRS / Université Paris Diderot), Institut de recherches sur la catalyse et l’environnement de Lyon (IRCELYON, CNRS / Université Claude Bernard), Laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (LATMOS/IPSL, CNRS / UVSQ / UPMC / CNES), Laboratoire d’aérologie (LA/OMP, UPS / CNRS), Laboratoire d’optique atmosphérique (LOA, Université Lille 1 / CNRS) et Centre national de recherches météorologiques (CNRM, CNRS / Météo-France).
Contact(s):
  • Paola Formenti, LISA/IPSL
    paola [dot] formenti [at] lisa [dot] u-pec [dot] fr, 01 45 17 15 22

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