Mission Juno : de nouvelles mesures de la structure intérieure de Jupiter

Jeudi, 1 juin 2017

Juno explore pour la première fois l’intérieur de Jupiter. Les données dont la communauté disposaient jusqu'alors, sur le champ de gravité de Jupiter, étaient issues essentiellement des mesures des missions Pionneer, Voyager, et Cassini et certaines valeurs étaient contradictoires.

Comme le montre la figure 1 tirée de l’article de Bolton et al. (2017) dans la revue Science, les mesures recensées par Juno sont plus de 10 fois plus précises que les précédentes et permettent, non seulement de résoudre ces contradictions, mais aussi de contraindre beaucoup mieux le champ gravitationnel et donc les modèles d’intérieur de Jupiter.


Figure 1 : Caractérisation du champ gravitationnel de Jupiter. Les mesures de la sonde Juno (en rouge) sont comparées aux valeurs précédentes (Campbell & Synnott 1985, JUP230 et JUP310). Les modèles d'intérieur publiés jusqu’à présent (Nettelmann et al. 2012, Hubbard & Militzer 2016, Miguel, Guillot & Fayon 2016) sont comparés à ces mesures. [Figure tirée de Bolton et al. 2017].

En utilisant le code de modélisation des intérieurs planétaires CEPAM développé à l’Observatoire de Côte d'Azur, les scientifiques peuvent dorénavant étudier ce que cela implique sur l’intérieur de la planète. Ce travail implicant des chercheurs du laboratoire Lagrange (Observatoire de la Côte d'Azur/CNRS/Université de Nice) et en collaboration avec ceux de l’équipe Juno, permet de montrer que l’intérieur de Jupiter est plus complexe que ce qui était imaginé jusqu’à présent, avec un noyau qui pourrait être partiellement dilué dans l’enveloppe (Figure 2).


Figure 2 : Coupe possible de l’intérieur de Jupiter. Les données de gravimétrie de Juno ainsi que les modèles de structure interne indiquent que le noyau central de la planète pourrait être partiellement dilué dans son enveloppe. Crédits : Wahl et al. 2017

Il est toutefois nécessaire de continuer l'étude des données de Juno pour caractériser la rotation à l’intérieur de la planète afin de mieux contraindre sa composition.

Ces travaux sont développés dans deux articles (mai 2017) par Wahl et al. et Kaspi et al. (2017) publiés dans le numéro spécial de la revue Geophysical Research Letters sur la mission Juno. A terme ils permettront de mieux comprendre les mécanismes de formation des planètes et de notre système Solaire. 

 

Contact : 
Tristan Guillot, Directeur de recherche CNRS à l'Observatoire de la Côte d'Azur, tristan [dot] guillot [at] oca [dot] eu

 

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