Les sources hydrothermales profondes stimulent des efflorescences phytoplanctoniques dans l’océan Austral
Une équipe internationale
Le fer est une ressource qui limite le développement du phytoplancton sur de vastes étendues de l’océan mondial. Jusqu’à récemment, le rôle de l’activité hydrothermale dans le cycle du fer et ses effets sur les cycles biogéochimiques mondiaux ont été largement sous-estimés. Les découvertes récentes sur la répartition globale et le nombre de ces sources hydrothermales incitent les chercheurs à revoir les paradigmes existants liés à leur impact sur la biogéochimie des océans.
L’océan Austral (région située au sud de 40°S) est la plus grande région de l’océan mondial limitée en fer, de sorte que le phytoplancton est particulièrement sensible aux apports de fer et donc peut-être aux sources hydrothermales. Les simulations de modèles globaux indiquent que la pompe biologique pourrait être directement affectée à l’échelle globale par le fer dissous provenant de sources hydrothermales profondes. Cependant, aucune observation locale n’a corroboré ces conclusions.
En combinant des observations de flotteurs profileurs instrumentés déployés sur l’ensemble de l’océan Austral avec des données historiques d’éléments traces et des données satellitaires d’altimétrie et de couleur de l’océan, une équipe internationale
Traditionnellement, la croissance du phytoplancton dans l’océan Austral est considérée comme étant liée au fer des régions côtières ou de la banquise. Par cette étude, les chercheurs démontrent que l’hydrothermalisme serait un mécanisme supplémentaire à prendre en compte pour comprendre la biogéochimie de l’océan Austral.
Il est particulièrement difficile de documenter la dynamique de ce type de mécanisme en raison de l’éloignement et des conditions extrêmes de l’océan Austral ainsi que de la nécessité d’être au bon endroit au bon moment. Ces efflorescences particulières pourraient être plus fréquentes qu’on ne le pense dans l’océan Austral (ainsi que dans l’océan mondial), en raison du nombre élevé des sources hydrothermales.
Les implications de ces « hot spots » biologiques soutenus par du fer d’origine hydrothermale pourraient être importantes et multiples, car ces « hot spots » pourraient soutenir les écosystèmes marins et séquestrer le carbone en profondeur.
De nouveaux programmes et études seront manifestement nécessaires pour évaluer l’impact global de l’activité hydrothermale sur les cycles du fer et du carbone de l’océan Austral, et ses conséquences sur la pompe biologique de CO2.
Source
Hydrothermal vents trigger massive phytoplankton blooms in the Southern Ocean, Mathieu Ardyna1, Léo Lacour, Sara Sergi, Francesco d’Ovidio, Jean-Baptiste Sallée, Mathieu Rembauville, Stéphane Blain, Alessandro Tagliabue, Reiner Schlitzer, Catherine Jeandel, Kevin Robert Arrigo, Hervé Claustre, Nature Communication, 2019, https://doi.org/10.1038/s41467-019-09973-6.