Rosetta va tenter d’établir le contact avec Philae

Mardi, 10 mars 2015

Ce jeudi, 12 mars à 5h CET les équipes de Rosetta et de l’atterrisseur Philae effectueront la première tentative de réception d’un signal en provenance de ce dernier. Philae est posé dans un lieu relativement ombragé de la comète et jusqu’à présent, faute de lumière pour recharger ses batteries, il est resté en sommeil en attendant que la luminosité augmente au fur et à mesure de l’approche de la comète vers le Soleil. Si elle n'est pas nulle, et on le souhaite vivement, la probabilité de recevoir un signal dès jeudi reste faible car la température de Philae est probablement encore trop basse pour permettre la mise en route de ses différents composants, puis la prise de contact et le pilotage.

En effet, l’intérieur de l’appareil doit atteindre les -45°C au minimum. De plus l’atterrisseur doit être capable de générer au moins 5,5 watts avec ses panneaux solaires. Philae est conçu pour se “réveiller” dès que ces conditions sont réunies, poursuivre son réchauffement interne et démarrer la recharge de ses batteries. Notons qu’il sera possible que Philae soit déjà réveillé sans pour autant pouvoir disposer de suffisamment de puissance pour émettre. La puissance nécessaire  à cet effet est de 19 watts.

Des commandes - qui seront relayées par l’orbiteur à Philae - ont étés mises au point pour permettre à l’atterrisseur d’optimiser son réchauffement. Il pourrait exécuter ces commandes quand bien même il ne répondra pas encore à l’orbiteur. C’est un pilotage dit « en aveugle ». De plus, même si les batteries n’avaient pas survécu au froid les ingénieurs comptent sur la possibilité de faire fonctionner Philae durant les quelques moments d’ensoleillement direct.

À partir du moment où Philae sera réveillé et pourra communiquer, la première chose qu’il fera sera de communiquer sur son « état de santé ». État de ses batteries rechargeables ? États de fonctionnement des différents éléments ? Quantité d’énergie qu’il reçoit ?... La programmation et les opérations scientifiques des ses instruments en dépendront.

Si cette tentative du 12 mars n’aboutit pas, d’autres tentatives suivront, dans la semaine qui suit, puis au fur et à mesure de l’approche au Soleil.


Mosaïque légèrement retaillée compose de 4 images prises par la Narrow angle camera d’OSIRIS le 13 décembre 2014 à une distance de 20 kilomètres environ du centre de la comète. © ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA.

Note(s): 

Rosetta est une mission de l’ESA (avec le support de ses pays membres) et de la NASA. L’atterrisseur Philae de Rosetta est fourni par un consortium composé de l’ASI, du CNES, du DLR et du MPS. Rosetta sera la première mission de l’histoire à aller à la rencontre d’une comète, de l’accompagner dans son voyage jusqu’au Soleil, et d’y poser un atterrisseur.

La coordination des opérations scientifiques de Philae est assuré en  par Jean-Pierre Bibring, enseignant chercheur de l’Université Paris Sud à l’Institut d’astrophysique spatiale (CNRS/Université Paris Sud).

Les expériences auxquelles les laboratoires du CNRS contribuent :

  • Orbiteur (9 instruments sur les 11) : ALICE, CONSERT, COSIMA, MIDAS, MIRO
, OSIRIS
, ROSINA
, RPC, VIRTIS.
  • Atterrisseur (5 instruments sur les 10) : APXS, CIVA, CONSERT, COSAC et SESAME.

Les laboratoires CNRS impliqués dans Rosetta-Philae :

  • CRPG, Centre de recherches pétrographiques et géochimiques (CNRS/Université de Lorraine)
  • CSNSM, Centre de sciences nucléaires et de sciences de la matière (CNRS/Université Paris-Sud)
  • GET, Géosciences environnement Toulouse (CNRS/CNES/IRD/Université Paul Sabatier)
  • IAS, Institut d’astrophysique spatiale (CNRS/Université Paris-Sud)
  • ICN, Institut de chimie de Nice (CNRS/UNS)
  • IPAG, Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble (CNRS/Université Joseph Fourier)
  • IRAP, Institut de recherche en astrophysique et planétologie (CNRS/Université Paul Sabatier)
  • LAAS, Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes (CNRS)
  • LAM, Laboratoire d’astrophysique de Marseille (CNRS/Université d’Aix-Marseille)
  • LATMOS, Laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (CNRS/Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines/ Université Pierre et Marie Curie)
  • LERMA, Laboratoire d’étude du rayonnement et de la matière
en astrophysique (CNRS/Observatoire de Paris/
Université de Cergy-Pontoise/Université Pierre et Marie Curie/ENS)
  • LESIA, Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique (CNRS/Observatoire de Paris/ Université Pierre et Marie Curie/Université Paris Diderot)
  • LISA, Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (CNRS/Université Paris-Est Créteil/Université Paris Diderot)
  • LPC2E, Laboratoire de physique et chimie de l’environnement et de l’espace (CNRS/Université d’Orléans)
  • LPP, Laboratoire de physique des plasmas
(CNRS/École Polytechnique/Université Pierre et Marie Curie/Université Paris-Sud)
  • UTINAM, Univers, transport, interfaces, nanostructures, atmosphère et environnement, molécules (CNRS/Université de Franche-Comté)

 

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