Philippe André : Etude du lien entre la structure du milieu interstellaire et l’origine des étoiles (ORISTARS)

AdG 2011, institution hôte : CEA

Philippe André (Astrophysique : Formation stellaire et milieu interstellaire – CEA/Laboratoire d’Astrophysique-Instrumentation-Modélisation (AIM), Paris-Saclay))

Philippe André. Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de Paris, Philippe André a effectué une thèse au Service d’Astrophysique du CEA, une coopération à l’observatoire de Grenade (Espagne) de l’Institut de Radioastronomie Millimétrique (IRAM, radiotélescope de 30m) en 1988 et 1989, puis un post-doctorat  (« Jansky Fellowship ») au National Radio Astronomy Observatory (NRAO) à Tucson (Arizona) en 1990 et 1991. De retour au CEA en 1992, il a formé huit étudiants en thèse entre 1993 et 2013, dont six sont maintenant des chercheurs confirmés avec des postes permanents, et a dirigé le groupe « Formation des étoiles et planètes » du Service d’Astrophysique de 2002 à 2009. Directeur de recherche au CEA, il est responsable scientifique de l’instrument ArTéMiS pour le télescope APEX au Chili depuis 2006 et coordonne l’un des plus grands programmes clés du télescope spatial submillimétrique Herschel (« Herschel Gould Belt survey ») depuis 2007. Ses travaux ont été récompensés par le Prix Paul Doistau-Emile Blutet 2015 (Sciences de l’Univers) de l’Académie des Sciences.

Le projet ERC

La formation de étoiles est l'un des phénomènes les plus fondamentaux en astrophysique mais aussi l'un des plus complexes et des moins bien compris.

L'observatoire spatial submillimétrique Herschel a permis des avancées très significatives dans notre compréhension du lien entre la structure du milieu interstellaire et le processus de formation stellaire. Les résultats obtenus avec Herschel soulignent le rôle joué par la structure filamentaire des nuages moléculaires froids dans lesquels se forment les étoiles et favorisent un scénario en deux étapes principales. Dans un premier temps, la turbulence magneto-hydrodynamique à grande échelle engendre des structures filamentaires dans le milieu interstellaire. Dans un deuxième temps, les filaments les plus denses se fragmentent en condensations pré-stellaires (qui s’effondrent elles-mêmes rapidement en proto-étoiles) par instabilité gravitationnelle.

L’objectif du projet ORISTARS est de préciser ce nouveau paradigme et d’explorer ses conséquences astrophysiques, selon trois grands axes de recherche : l’origine des filaments interstellaires, la fragmentation de ces filaments en condensations pré-stellaires et, à plus petite échelle, la sous-fragmentation des condensations pré-stellaires en systèmes d’étoiles binaires et la formation des disques protoplanétaires. Pour ce faire, le projet confronte notamment observations submillimétriques et simulations numériques. Il comporte également une composante instrumentale, le développement d’un polarimètre pour la nouvelle caméra millimétrique NIKA-2 du télescope de 30m de l’IRAM, qui permettra à terme d’étudier le rôle du champ magnétique pour la formation d’étoiles le long des filaments interstellaires.