Le GIEC récompensé par les Nobels
- communiqué de presse
[12-10-2007]
Gageons que l'émotion doit être grande dans les laboratoires de recherche du monde entier, tout comme dans les laboratoires francais, travaillant sur le système climatique et le changement global en cette matinée de 12 octobre 2007. Le prix Nobel de la paix a été décerné à Monsieur Al Gore et au Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat, le GIEC.De nombreuses personnalités françaises ont contribué aux derniers travaux du GIEC, mais avec eux c'est toute la communauté scientifique du climat qui est honorée. On s'interroge parfois dans les medias sur le sens de la recherche fondamentale. S'il est un cas où l'aboutissement pour la société de la recherche fondamentale peut être montré, c'est bien celui des recherches sur le climat.
La mobilisation des laboratoires, des chercheurs et des institutions, n'est pas récente. En France, dès les années 80, les scientifiques ont progressivement fait évoluer leurs méthodes et leurs outils d'analyse pour que les connaissances progressent. Il s'est d'abord agi de connaître et documenter en détail la variabilité naturelle du climat à partir des analyses paléoclimatologiques des glaces issues des carottages des calottes de l'Antarctique et du Groenland et des sédiments marins récoltés dans l'océan mondial. Travaux qui ont été marqués par la remise de la Médaille d'or du CNRS à Claude Lorius et Jean Jouzel.
Au début des années 80, modéliser le climat semblait une utopie. Il a fallu modéliser l'atmosphère globale et l'océan global. La question s'est ensuite posée de comprendre et de modéliser le couplage entre l'océan et l'atmosphère.
Une fois cette étape franchie, ce sont les glaces, la biosphère, le cycle du carbone et les aérosols qui ont été intégrés progressivement aux modèles climatiques. Travail de coopération nationale et internationale qui a abouti aux travaux et conclusions du Giec récompensés aujourd'hui.
En France, ces recherches ont été encadrées pendant plus d'une vingtaine d'années par le Programme national d'étude de la dynamique du climat de l'INSU dont la thématique est désormais intégrée au sein de LEFE (Les enveloppes fluides et l'environnement) également coordonné par l'INSU qui a, par ailleurs, financé les moyens instrumentaux nécessaires aux laboratoires, aux campagnes de mesure et aux observatoires.
Personnalités scientifiques françaises ayant contribué à la rédaction du rapport du groupe 1 sur le climat
- Hervé LE TREUT : Historical Overview of Climate Change Science
- Michael SCHULZ : Aerosol Forcing
- Philippe CIAIS : Carbon cycle, Land surface
- Didier HAUGLUSTAINE : Atmospheric chemistry, Air quality
- Sandrine BONY : Current climate, Processes, Climate sensitivity
- Anny CAZENAVE : Ocean physics, Sea level
- Laurent LABEYRIE : Observations: Ocean Climate Change and Sea Level
- Jean-Claude DUPLESSY : Proxies, Paleoclimatic observations, Abrupt climate change, Modelling
- Valérie MASSON-DELMOTTE : Proxies, Paleoclimatic observations, Abrupt climate change, Modelling
- Dominique RAYNAUD : Proxies, Paleoclimatic observations
- Jean JOUZEL : Working Group I Vice Chair
- Pascale BRACONNOT : Pre-industrial climate change
- Serge PLANTON : Understanding and Attributing Climate Change
- Pierre FRIEDLINGSTEIN : Timescales of response, Global projections, Model uncertainties







