Les évènements de Heinrich ont induit vents de sables et aridité sur l'Afrique de l'Ouest (programme IMAGES)

Jeudi, 15 novembre 2007

Une étude réalisée dans le cadre du programme IMAGES par une équipe du Laboratoire Environnements et paléoenvironnements océaniques (EPOC, CNRS / Université Bordeaux 1), remet en question l'hypothèse selon laquelle les événements de Heinrich pourraient avoir été la conséquence d'un phénomène climatique ayant pris naissance aux basses latitudes. Comme celui de l'Europe, le climat de l'Afrique de l'Ouest a en fait subi l'influence drastique de ces événements.

Les premiers 150 cm de la carotte sédimentaire prélevée au large du Sénégal.

Depuis l'article pionnier de H. Heinrich (1988), plus de 200 articles ont permis de décrire ces évènements abrupts du climat désormais connus sous le nom « d'évènements de Heinrich » et caractérisés par des débâcles très importantes d'icebergs dans l'Atlantique Nord. Plusieurs théories ont été proposées pour expliquer les causes du déclenchement de ces évènements. La plus en vogue met en jeu la dynamique de la calotte de glace nord-Américaine. Certains modélisateurs ont suggéré toutefois que la cause de ces accidents n'était peut-être pas à rechercher vers les hautes, mais plutôt vers les basses latitudes.

Une étude détaillée d'une carotte sédimentaire prélevée au large du Sénégal (dont les premiers 150 cm sont visibles sur l'image de gauche) grâce au carottier géant du Marion-Dufresne, le navire de l'IPEV, a été réalisée dans le cadre du programme IMAGES par une équipe du laboratoire EPOC. Elle a permis d'identifier dans cette région des évènements synchrones des évènements de Heinrich. Ces évènements sont caractérisés par un accroissement massif des poussières sahariennes dont les particularités (richesse en titane, en attapulgite et diatomées lacustres) traduisent une aridification accrue et une intensification des vents dans cette région. Une analyse à haute résolution a également permis de constater que le paroxysme de ces évènements arides intervenait vers la fin des périodes de décharge d'icebergs dans l'Atlantique Nord. Ainsi, les évènements arides observés aux basses latitudes seraient une conséquence - et non une cause - des évènements de Heinrich. Une étude en cours utilisant un modèle global couplé permet de suggérer qu'une réorganisation majeure des circulations atmosphériques serait à l'origine des effets observés aux basses latitudes.


Vent de sable au large de l'Afrique de l'Ouest. © SEAWIFS (NASA, Centre Goddard de vols spatiaux et ORBIMAGE).

Source(s): 

Jullien E., Grousset F.E., Malaizé B., Duprat J., Schneider R.R., Bory A., Bout V., Eynaud, Sanchez-Goni M.F., Flores J.A., Charlier K. (2007). Tropical dusty Heinrich-like events vs. high-latitude icy Heinrich events. Quaternary Research, 68, pp. 379-386.

Contact(s):
  • Francis Grousset, EPOC/OASU
    f [dot] grousset [at] epoc [dot] u-bordeaux1 [dot] fr, 05 57 77 61 01

La reprise des actualités du site est autorisée avec la mention "Source : Actualités du CNRS-INSU" et un lien pointant sur la page correspondante.