Le changement climatique : les rétroactions


Quand une composante du système climatique est modifiée par le changement climatique et que cette modification induite agit en retour sur le climat, on parle de rétroaction.


Une rétroaction est dite positive si elle amplifie le réchauffement et négative si elle l'affaiblit.

La vapeur d'eau

Principal gaz à effet de serre, la vapeur d'eau réagit très vite aux changements climatiques : plus il fait chaud, plus l'eau s'évapore et plus l'atmosphère contient de vapeur d'eau, ce qui augmente encore l'effet de serre et renforce de ce fait le réchauffement. En Europe, 70 % du réchauffement actuel proviendrait de la vapeur d'eau.

Le méthane

Le méthane, autre gaz à effet de serre, peut aussi faire l'objet de rétroactions positives, certaines sources étant favorisées par un climat humide. Le pergélisol, ces sols gelés en permanence des régions proches des pôles, constitue une menace particulière : s'il dégèle sous l'effet du réchauffement, il libérera les grandes quantités de méthane qu'il contient, accentuant ainsi le réchauffement.

Le cycle du carbone

Le Marion Dufresne près de la principale île de Kerguelen dans le cadre d'une campagne de mesure OISO visant à mieux connaître la répartition des puits et sources de carbone à la surface des océans. © CNRS Photothèque, Christian Brunet La possibilité d'une rétroaction positive entre changement climatique d'origine anthropique et cycle du carbone a été mise en évidence depuis peu. L'évolution de la température et des teneurs en vapeur d'eau de l'atmosphère pourrait en effet diminuer significativement l'efficacité des puits naturels (océan et végétation) à absorber le CO2 anthropique. Ceci aurait pour conséquence une accélération de l'augmentation de la concentration du CO2 atmosphérique et donc une amplification du changement climatique.

La canicule de 2003 en France s'est ainsi accompagnée d'une diminution de la productivité végétale dont il a été possible de chiffrer la perte en terme de stockage de carbone à environ quatre années, ce qui indique une rétroaction positive du réchauffement climatique sur le bilan de carbone à l'échelle globale.


Indice foliaire observé à la mi-août en France (ECOCLIMAP2). On note une nette diminution de l'indice en 2003. © Météo France

La cryosphère

La fonte des glaces de mer et des neiges, lesquelles renvoient davantage lumière et chaleur vers l'espace que l'eau libre ou le sol, entraîne une augmentation de la quantité d'énergie solaire absorbée par la Terre et donc accélère le réchauffement climatique. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'Arctique se réchauffe plus vite que le reste de la planète.


Les nuages

Le caractère amplificateur ou atténuateur de la réponse des nuages au réchauffement climatique est difficile à déterminer. Ils constituent actuellement la plus forte source d'incertitude sur l'évaluation de l'ampleur de l'évolution du réchauffement global dans le futur.


Les nuages mis à part, toutes les rétroactions connues sont positives. Ainsi, plus la Terre chauffe, plus elle chauffe, plus elle chauffe, plus elle chauffe...

 

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