Hommage à André Berroir, premier directeur de l'INSU-CNRS

Mercredi, 3 novembre 2010

André Berroir. L'INSU-CNRS tient à rendre hommage à André Berroir, décédé le 9 octobre 2010, qui fut son premier directeur.

Né en 1933, ancien élève de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, André Berroir était mathématicien de formation. Il a fait une thèse d'état en mécanique (1969) et a appartenu au Laboratoire de mécanique théorique de l'université Paris 6, où il est devenu professeur.

Il s'est progressivement rapproché du Laboratoire de météorologie dynamique (LMD) au début des années 1970, à la demande de Pierre Morel alors directeur du LMD, qui voulait renforcer le potentiel mathématique du Laboratoire. Lorsque Pierre Morel a quitté le LMD en 1976, André Berroir lui a succédé. Le LMD s'est considérablement développé sous sa direction.

En 1985, l'Institut national des sciences de l'Univers (INSU) du CNRS a été crée en remplacement de l'INAG. André Berroir a été son premier directeur, tout en ayant la direction du département Terre, océan, atmosphère et espace du CNRS (aujourd'hui intégré à l'INSU). Il lui est donc revenu de mettre en œuvre l'ouverture de l'institut aux autres domaines des sciences de l'Univers, jusque là absents des prérogatives de l'INAG, à savoir l'océanographie et les sciences de la Terre au sens large. Ces domaines ont pu alors bénéficier de lancements de programmes de recherche (par exemple JGOFS en océanographie, Lithoscope, Tectoscope, ECORS en sciences de la Terre), du développement de grands instruments et réseaux (ARAT, navires côtiers, GEOSCOPE), de coopérations internationales exceptionnelles comme celle avec l'Académie des sciences de Chine qui a permis à de nombreux laboratoires d'étudier sur place la collision Inde-Asie.

André Berroir était membre de droit du conseil d'administration des Expéditions polaires françaises (EPF) en tant que représentant du ministre de la recherche depuis 1989 jusqu'en 2002, et a été le président des EPF de 1990 à 1993. Il a joué un rôle essentiel dans le montage de l'Institut polaire français Paul Emile Victor (IPEV, anciennement IFRTP), tant avec sa fonction de directeur de l'INSU qu'avec celle des EPF.

De 1996 à 1999, André Berroir a été le premier médiateur du CNRS. Pendant son mandat, il a apporté à cette fonction toute sa connaissance de l'institution, de ses structures et de ses hommes et mis à son service ses qualités de négociateur et de conciliateur.

Hommage de Michel Glass, ancien directeur scientifique adjoint de l’INSU pour l’océan atmosphère, professeur à l’Université Pierre et Marie Curie

« André Berroir, m’a laissé le souvenir d’un homme brillant, capable de faire des synthèses de situations complexes et de les résoudre, d’une personnalité affable, mais intransigeante sur les principes.

Il fut donc le premier directeur de l’INSU, nouvel institut succédant à l’INAG, Institut national d’astronomie et de géophysique.

La gestion du passage de l’INAG à l’INSU a constitué une tâche assez difficile pour lui. En effet, outre la mobilisation de crédits spécifiques destinés à mettre en œuvre de grands programmes de recherche, l’INAG avait permis de fédérer des communautés scientifiques capables de jouer un rôle moteur au niveau international. Le défi de la création de l’INSU était de mener une politique similaire auprès de communautés dont la culture était alors plus individualiste, et aussi d’y intégrer des disciplines moins quantitatives, telles que la biologie marine.

Pour arriver à faire passer le concept et commencer à le mettre en œuvre, il a fallu toute la diplomatie et le sens de l’organisation d’André Berroir, associés à son excellente compréhension de la situation de chaque thématique scientifique. Il est intéressant de noter que la structure actuelle de l’INSU est globalement la même que celle qu’il a mise en place.

André Berroir a eu également à définir et trouver la place de l’INSU dans l’organigramme du CNRS où pré-existaient des programmes internationaux de recherche (PNEDC, Programme national d’étude de la dynamique du climat) ou des programmes interdisciplinaires tels que le PIREN (environnement) ou le PIROcéan. L’intégration de ce dernier dans l’INSU et dans la « boîte » Océan-atmosphère, comme nous l’appelions, n’a pas été chose facile, mais là encore son sens du dialogue a su faire merveille.

Il lui a fallu également insérer l’INSU parmi les établissements scientifiques qui menaient des programmes connexes à ceux du CNRS, tels que Météo France, l’IFREMER, le BRGM, le CNES et monter des programmes communs permettant de mobiliser des crédits importants pour un objectif scientifique ciblé. L’action d’André Berroir dans ce domaine a été déterminante.

André Berroir faisait partie des rares personnes que j'ai rencontrées avec qui on pouvait s'accorder très rapidement, tellement sa faculté de compréhension était grande. J’ai le souvenir que nous formions tous une bonne équipe. Son décès m’a beaucoup touché. »

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