La célèbre nébuleuse d'Orion passée aux rayons X

Jeudi, 29 novembre 2007

La célèbre nébuleuse d'Orion abrite en son sein une énorme bulle de gaz très ténu, d'une température de 2 millions de degrés. C'est ce qu'a découvert une équipe internationale menée par des chercheurs suisses et du Laboratoire d'Astrophysique de Grenoble (CNRS/Université Joseph-Fourier, Observatoire de Sciences de l'Univers de Grenoble) grâce au satellite européen XMM-Newton. Cette température est tellement élevée que le gaz émet non pas dans le domaine visible, mais dans celui des rayons X, domaine d'investigation du satellite XMM, lancé par l'Agence Spatiale Européenne en 1999. Ces résultats sont publiés en ligne le 30 novembre 2007 sur Science Express.


La nébuleuse d'Orion apparaît en haut à gauche dans ce cliché infrarouge pris par le satellite américain Spitzer. En bleu, apparaît l'énorme bulle de gaz visible en rayons X. © ESA/NASA

Visible à l'oeil nu, la nébuleuse d'Orion est la plus belle du ciel de l'hémisphère Nord. Elle est considérée comme le prototype des régions de notre Galaxie où les étoiles sont en train de se former, notamment celles qui sont semblables à notre Soleil. Selon les auteurs de l'article, l'existence de cette bulle est due aux vents stellaires très intenses émis par les étoiles les plus massives de la nébuleuse, connues sous le nom de "Trapèze d'Orion". Cette découverte nous concerne directement car notre propre système solaire a dû, aux tout premiers stades de sa formation, être plongé dans un tel gaz brûlant produit par des étoiles voisines. Ces résultats pourraient ainsi modifier notre compréhension de la formation du système solaire.

Source(s): 

"A Million-Degree Plasma Pervading the Extended Orion Nebula". Manuel Güdel (Paul Scherrer Institut, Suisse ; et Laboratoire d'Astrophysique de Grenoble), Kevin R. Briggs (ETH Zürich et PaulScherrer Institut, Suisse), Thierry Montmerle (Laboratoire d'Astrophysique de Grenoble), Marc Audard (Université de Genève), Luisa Rebull (Spitzer Science Center, Pasadena, USA), et Stephen L. Skinner (University of Colorado, Boulder, USA). Science Express, publié sur le Web le 30 novembre 2007.

Contact(s):
  • Thierry Montmerle, IAP.
    montmerle [at] iap [dot] fr, 01 44 32 81 73

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