NARVAL + Télescope Bernard Lyot : le premier observatoire du magnétisme des astres

- communiqué de presse

Jeudi, 1 Février 2007

NARVAL, un spectropolarimètre stellaire, vient d'être installé sur le Télescope Bernard Lyot de 2 mètres de diamètre (INSU) au sommet du Pic du Midi. Comme ESPaDOnS, qui équipe le Télescope Canada-France-Hawaii (INSU-CNRS, NRC, Université d'Hawaii) et dont il est le frère jumeau, c'est un instrument astronomique spécialement concu et optimisé pour étudier les champs magnétiques des astres, et en particulier leurs effets sur la vie des étoiles et des planètes qui les entourent. Grâce à NARVAL, le Télescope Bernard Lyot devient le premier observatoire au monde dédié à ces études. Et comme le Soleil se couche sur Hawaii quand il se lève sur les Pyrénées, NARVAL et ESPaDOnS, lorsqu'ils travaillent de concert, ne perdent plus une miette des secrets de la vie magnétique des étoiles !

Télescope Bernard Lyot de 2 mètres de diamètre au sommet du Pic du Midi. © OMP. INSU. "Les champs magnétiques sont des ingrédients essentiels dans la vie des étoiles. Ils sont à la fois traceurs de leur histoire et acteurs de leur évolution" explique Pascal Petit, jeune astronome du LATT (CNRS, Université Paul Sabatier, Observatoire Midi-Pyrénées) et responsable scientifique de NARVAL. "On pense par exemple que le champ magnétique du Soleil pourrait être à l'origine du petit âge glaciaire, cette période de froid intense qui s'est abattue sur l'Europe pendant le règne de Louis XIV. Plus spectaculaire encore : le champ magnétique est capable de perturber la naissance des étoiles, en modifiant la quantité de matière à partir de laquelle elles se forment. Mais aujourd'hui, relativement peu de choses sont connues au sujet de ces champs magnétiques - même celui du Soleil reste encore un mystère pour nous !" reconnaît Pascal Petit. "Grâce à NARVAL, nous disposons maintenant d'un télescope équipé d'un instrument dédié à l'étude des champs magnétiques des astres" déclare Michel Aurière du LATT, porteur du projet NARVAL. "Jusqu'à présent, ESPaDOnS n'était disponible qu'une petite fraction du temps, partageant les nuits au télescope Canada-France-Hawaii avec d'autres instruments également très sollicités. L'arrivée de NARVAL, frère jumeau d'ESPaDOnS va permettre aux astronomes francais et étrangers de mettre les bouchées doubles et de mener des projets beaucoup plus ambitieux qu'auparavant". "Les scientifiques de plusieurs pays ne s'y sont pas trompés, en prenant d'assaut le télescope dès son ouverture à la communauté !" confie David Mouillet, directeur du TBL jusqu'à fin 2006.

Pour démontrer la puissance et l'apport de NARVAL, SU Aurigae, une bébé-étoile située à environ 450 années-lumière du Soleil, a été scrutée en continu, à la fois par NARVAL et ESPaDOnS(1). "D'un âge de seulement quelques millions d'années, SU Aurigae est environ 1000 fois plus jeune que le Soleil" explique Jean-Francois Donati, directeur de recherche au CNRS et concepteur d'ESPaDOnS et de NARVAL. "A cet âge, une étoile n'est pas encore entièrement formée et continue d'attirer à elle la matière qui l'entoure. Une fois captée dans la "toile" magnétique, la matière est ensuite drainée vers l'étoile le long des lignes de champ, comme des perles le long d'un fil. Ces observations suggèrent que la "toile" magnétique de SU Aurigae est bien plus complexe qu'initialement prévu par les modèles de formation stellaire" révèle Jean-Francois Donati.

NARVAL est un projet mené par l'équipe technique du Télescope Bernard Lyot et par le Laboratoire d'Astrophysique de Toulouse-Tarbes; il a bénéficié de l'expertise scientifique et technique unique au monde que l'équipe de recherche Toulousaine a accumulée dans le domaine de la spectropolarimétrie astronomique depuis maintenant une décennie. Intégré à Tarbes, NARVAL a été ensuite installé et testé avec succès au Pic du Midi à l'automne 2006, puis offert à la communauté scientifique internationale fin 2006. D'un coût total d'1 M¤ environ, NARVAL a été financé par la Région Midi-Pyrénées et le Ministère de la Recherche (dans le cadre du Contrat de Plan Etat-Région), le conseil Général des Hautes Pyrénées, l'Union Européenne (crédits FEDER) et l'Institut National des Sciences de l'Univers (INSU) du CNRS.

Note(s): 
  1. Ce résultat a été obtenu dans le cadre d'un projet scientifique international, coordonné par Jean-Francois Donati (LATT, CNRS/Université Paul Sabatier, Observatoire Midi-Pyrénées,) et impliquant Pascal Petit et Frédéric Paletou (LATT), Jérome Bouvier, Jonathan Ferreira, Catherine Dougados et Francois Ménard (Laboratoire d'Astrophysique de Grenoble, CNRS/Université Joseph Fourier, Observatoire des Sciences de l'Univers de Grenoble) et les astronomes britanniques Moira Jardine, Andrew Cameron, Tim Harries, Gaitee Hussain et Yvonne Unruh.
Contact(s):
  • Jean-Francois Donati, IRAP (CNRS/Université Paul Sabatier-Toulouse III)
    jean-francois [dot] donati [at] irap [dot] omp [dot] eu, 05 61 33 29 17
  • Michel Aurière, IRAP (CNRS/Université Paul Sabatier-Toulouse III)
    michel [dot] auriere [at] ast [dot] obs-mip [dot] fr, 05 62 56 60 19

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