La première image d'une planète extrasolaire ?

- communiqué de presse

Vendredi, 10 septembre 2004

Une équipe internationale(1) , associant des astronomes français du laboratoire d'astrophysique de Grenoble (UMR : CNRS - Observatoire des Sciences de l'Univers de Grenoble), vient de découvrir dans l'environnement proche d'une jeune naine brune, un objet faible et froid qui pourrait être très probablement la première exoplanète jamais imagée. L'image a été obtenue avec le système d'optique adaptative NAOS équipant l'instrument NACO du VLT de l'ESO et développé par un consortium français. Ce résultat sera publié dans la revue Astronomy and Astrophysics. Il sera nécessaire d'obtenir de nouvelles observations concernant le mouvement de ces deux objets pour confirmer complètement cette découverte.


Image de la naine brune 2M1207, au centre, et de l'objet faible et froid, à gauche, qui pourrait être une planète extrasolaire. © NACO/VLT/ESO. LAOG. UCLA. OMP. CNRS. INSU.

Les associations d'étoiles proches et jeunes (quelques millions d'années) constituent actuellement des cibles privilégiées pour la recherche d'exoplanètes. A ce stade d'évolution, les exoplanètes sont plus brillantes et plus facilement détectables que leurs équivalents plus agées ayant par exemple l'âge du système solaire (4,5 milliards d'années).

Cette équipe a observé dans l'une de ces associations, TW Hydræ, la jeune naine brune 2M1207, ayant une masse seulement 25 fois supérieure à celle de Jupiter. Grâce à l'instrument NACO(2) du VLT, ils ont pu détecter dans son environnement proche un objet très faible et froid. Dans le cas où il serait physiquement lié à 2M1207, il se situerait à seulement 55 unités astronomiques(3), soit 2 fois la distance séparant Neptune du Soleil. Il aurait une masse d'environ 5 fois la masse de Jupiter et une température10 fois plus chaude. Il s'agirait alors de la première image de planète extrasolaire observée en orbite autour d'un astre autre que le Soleil. Les données spectrales enregistrées révèlent la présence d'eau dans l'atmosphère, et confirment déjà la nature substellaire de cet astre faible.

Bien qu'il existe une forte probabilité pour que cet objet faible et froid soit gravitationnellement lié à la jeune naine brune 2M1207, cela reste toutefois à confirmer à partir d'observations à différentes époques.Ces observations ont été rendues possible grâce à la présence dans le système d'optique adaptative NAOS d'un analyseur infrarouge. NAOS est à ce jour le seul système d'optique adaptative équipé d'un tel analyseur.
Comparaison entre le système solaire et le système naine brune 2M1207 avec l'éventuelle planète extrasolaire. © ESO.

Pour en savoir plus

Note(s): 
  1. Il s'agit de l'un des résultats de recherche initiés au Laboratoire d'Astrophysique de Grenoble, en association avec le développement du système d'optique adaptative NAOS, qui a été obtenu dans le cadre de la collaboration suivante :
    • G. Chauvin et C. Dumas, ESO
    • A.M. Lagrange et J.L. Beuzit, Laboratoire d'Astrophysique de l'Observatoire de Grenoble (UMR CNRS)
    • B. Zuckerman et I. Song de l'Université de Californie
    • D. Mouillet du Laboratoire d'Astrophysique de l'Observatoire Midi-Pyrénées (UMR CNRS)
    • P. Lowrance du Spitzer Science Center, USA.
  2. NACO est constitué des composantes suivantes : CONICA et NAOS. CONICA, une caméra dans l'infrarouge proche, a été développée par un consortium allemand, avec la collaboration de l'ESO. Le Consortium est composé du Max-Planck-Institut für Astronomie (MPIA) (Heidelberg) et du Max-Planck-Institut für Extraterrestrische Physik (MPE) (Garching). NAOS, un système d'optique adaptative, a été développé avec le soutien de l'INSU-CNRS, par un consortium français en collaboration avec l'ESO. Le consortium français est composé de l'ONERA, du LAOG (UMR CNRS) et de l'Observatoire de Paris (LESIA et GEPI : UMR CNRS).
  3. 1 UA = 150 millions de kilomètres.
Source(s): 

"A Giant Planet Candidate near a Young Brown Dwarf". G. Chauvin, A.-M. Lagrange, C. Dumas, B. Zuckerman, D. Mouillet, I. Song, J.-L. Beuzit, P. Lowrance. Astronomy and Astrophysics, vol 425, II, L29.

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