L’ozone troposphérique continue d’augmenter !
Ayant analysé des données IAGOS, des chercheurs provenant de plusieurs laboratoires français
Grâce à plusieurs compagnies aériennes, partenaires du programme au cours des 24 dernières années (Air France, Lufthansa, Austrian Airlines, Sabena, Iberia, Cathay Pacific, China Airlines, Hawaiian Airlines), dans les moyennes latitudes de l'hémisphère Nord, les données couvrent un grand intervalle de longitudes. Elles s'étendent de la côte ouest de l'Amérique du Nord (125 °W) à la côte de l'Asie orientale (135 °E) et, plus récemment, au nord du Pacifique. De même, différentes régions tropicales sont fréquemment échantillonnées, telles que la côte est de l’Amérique du Sud, l'Afrique centrale et australe, l'Asie du Sud-Est et le Continent maritime occidental.
Les cycles saisonniers montrent généralement un maximum d'ozone en été et un maximum de CO au printemps dans la haute troposphère. Ces résultats affichent donc un contraste avec la basse stratosphère, où l'on observe un maximum printanier systématique en ozone et une quasi-absence de cycle saisonnier en CO. Par ailleurs, cette étude met en évidence des variabilités régionales dans la haute troposphère, à savoir :
- concernant l'ozone, un gradient d'ouest en est pendant l'été boréal, à raison de 15 ppb supplémentaires en Russie centrale par rapport à l'Amérique du Nord,
- concernant le CO, un gradient systématique d'ouest en est, de 60 à 140 °E, atteignant les +5 ppb/10°E au printemps et en été,
- sur l'Asie du Nord-Est, un maximum printanier en CO prolongé jusqu'en été,
- sur l’ouest de l'Amérique du Nord, un maximum printanier en ozone se substituant aux maxima estivaux fréquemment rencontrés..
En été, les deux régions en bordure méditerranéenne (l'ouest du bassin Méditerranéen et le Moyen-Orient) voient leur haute troposphère particulièrement impactée par des intrusions stratosphériques subsidentes, et leur basse stratosphère par des intrusions troposphériques depuis les tropiques. En l'occurrence, dans la basse stratosphère du Moyen-Orient, l'impact du transport de polluants depuis l'Asie du Sud a pu être souligné.
Près de 20 années de mesures de l'ozone - et 12 années pour le CO - ont alimenté une base de données à présent unique, pour ce qui est de détecter des tendances dans la haute troposphère – basse stratosphère (UTLS en anglais). Les tendances de l'ozone en haute troposphère sont positives et statistiquement significatives dans la plupart des régions, variant de +0,25 à +0,45 ppb par an, caractérisées par l'augmentation des valeurs les plus faibles enregistrées chaque mois. Par contre, aucune tendance significative en ozone n'est détectée dans la basse stratosphère. Les tendances du CO, quant à elles, sont presque toutes négatives et statistiquement significatives dans chacune des deux couches. De l’ordre de -1,37 à -0,59 ppb par an, elles reflètent ainsi l'impact de la législation sur les émissions anthropiques.
Source(s):
Cohen, Y., Petetin, H., Thouret, V., Marécal, V., Josse, B., Clark, H., Sauvage, B., Fontaine, A., Athier, G., Blot, R., Boulanger, D., Cousin, J.-M., and Nédélec, P.: Climatology and long-term evolution of ozone and carbon monoxide in the upper troposphere–lower stratosphere (UTLS) at northern midlatitudes, as seen by IAGOS from 1995 to 2013, Atmos. Chem. Phys., 18, 5415-5453, 2018.