Genèse des plus anciens gisements d’uranium
Une équipe internationale impliquant trois laboratoires français
Le Paléoprotérozoique (2,3 à 2 milliards d’années) est une période charnière, en termes d’oxygénation, de l’histoire de notre planète. La teneur en oxygène atmosphérique a en effet augmenté fortement vers 2.1 milliards d’années pour ensuite se mettre à fluctuer. Cette situation a provoqué un bouleversement majeur des processus physico-chimiques ayant une influence sur les phénomènes d’altération (lessivage) des continents archéens. En particulier, la première augmentation de la teneur en oxygène de l’atmosphère a provoqué la libération d’un certain nombre d’éléments, dont l’uranium qui a été lessivé de ses roches hôtes, âgées de 2.9 milliards d’années. Mais que s’est-il passé ensuite, compte tenu de l’effet « yoyo » de la teneur en oxygène ?
Les chercheurs d’une équipe internationale ont analysé les sédiments très bien conservés du bassin de Franceville (situé dans le sud-est de la République Gabonaise) en utilisant différentes techniques (géochimie, minéralogie, sédimentologie et pétrographie). Ils ont ainsi pu mettre en évidence, dans les sédiments situés à proximité immédiate des gisements, la présence de faciès rouges oxydés (Red-bed), laquelle témoigne d’une augmentation du taux d’oxygène atmosphérique en amont de la formation de ces gisements. Ils ont également pu montrer que, vers 2.083 milliards d’années, lors de la première chute significative de la teneur en oxygène atmosphérique ayant suivi sa première augmentation, l’uranium libéré a pu alors précipiter, ce qui a favorisé sa minéralisation et par conséquent la formation des plus anciens gisements d’uranium.