Christophe Delacourt nommé DAS des Observatoires des sciences de l’Univers de l’INSU
Christophe Delacourt succède à Céline Reylé en tant que directeur adjoint scientifique (DAS) des Observatoires des sciences de l’Univers (OSU) de l’INSU. Enseignant Chercheur au laboratoire Geo-Ocean (GO) à Brest. Il nous raconte son parcours et ses futurs projets.
Quel est votre parcours et sur quoi portent vos recherches ?
Christophe Delacourt : Lors de ma thèse à l’IPGP, j’ai pu étudier les mouvements de surface à partir d’images satellites radar. Mon service militaire comme scientifique du contingent, au CEA s’est inscrit dans la continuité de mon travail sur l’analyse des déformations de surface pour des questions en lien avec la défense. J’ai ensuite eu l’opportunité de travailler au Caltech et au JPL de la NASA sur les déformations sismiques. Recruté à l’université Claude Bernard Lyon-1 en tant que maître de conférences, je me suis principalement intéressé aux mouvements gravitaires terrestres et martiens partir de données de Télédétection multi sources.
Puis, j’ai rejoint l’université de Brest dans le laboratoire Domaines Océaniques dont j’ai ensuite pris la direction. A mon arrivée à Brest, mon objet d’étude a évolué et s’est marinisé : la zone littorale et côtière, zone d’interface entre la Terre et la Mer est, en effet, un lieu privilégié d’échange, de transfert de matière et de dissipation d’énergie donc particulièrement dynamique. J’ai travaillé sur les processus à l’origine de cette dynamique ainsi que la résilience des systèmes littoraux et côtiers en intégrant la notion de risque littoraux.
C’est dans cette dynamique que je me suis intéressé à la mise en œuvre d’observatoire. J’ai créé le Service National d’Observation (SNO) intitulé « Dynamique du littoral et du trait de côte » (DYNALIT) dont j’ai assuré la coordination de 2014 à 2017. L’idée était de fédérer tous les laboratoires qui effectuaient des observations de l’évolution morpho-dynamique des littoraux.
En 2016, sous l’impulsion de l’INSU, j’ai créé avec Lucie Cocquempot et Jérôme Paillet de l’Ifremer, l’infrastructure de Recherche sur le littoral ILICO qui regroupe les 8 Services Nationaux d’Observation multi-organismes (Ifremer, CNRS, Université, IGN, SHOM…) travaillant sur la zone littorale et côtière. Pour effectuer ces missions de coordination de la communauté, j’étais délégué scientifique à l’INSU de 2015 à 2025, pour les domaines Surface et Interface Continentale et Océan Atmosphère.
En parallèle, je coordonne Pôle Expertise internationale du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace en lien fort avec le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères. Je coordonne par exemple les évaluations et la sélections des projets des partenariats Hubert Curien (PHC) et de l’initiative MOPGA.
Qu’est-ce que ça représente pour vous d’avoir obtenu ce poste et ces responsabilités ?
C. Delacourt : Ma prise de poste s’inscrit dans la continuité de mes responsabilités au service du collectif (directeur de formation, de Laboratoire, de SNO et d’infrastructure de recherche).
Ce poste représente un énorme défi, nous sommes dans un paysage de l'enseignement supérieur et de la recherche mouvant pour ne pas dire menaçant, faisant lui-même échos à une évolution sociétale où les sciences, en général, sont attaquées mais aussi à un moment de l’histoire où nos sciences n’ont jamais été aussi indispensables.
Dans ce contexte, le réseau des 25 Observatoires des sciences de l’Univers et de leurs unités constituantes est un magnifique outil de résilience collective, pour les prochaines années.
Qu’est-ce que vous comptez mettre en place et continuer de promouvoir durant votre mandat en tant que DAS OSU ?
C. Delacourt : Comme Céline Reylé, je m’inscris dans une trajectoire d’implémentation de la stratégie de l’INSU qui fait des OSU une des 4 piliers de son action. Les OSU, structures cogérées avec les Universités et nos organismes partenaires comme l’IRD, le CEA, l’INRAE, etc. et avec les unités de recherche en leur sein sont l'un des piliers de la stratégie nationale de l’INSU.
Porteur de la stratégie de site dans le domaine des sciences du système Terre et de l’Univers, les OSU sont en effet en charge du soutien aux services nationaux d'observation, du support aux unités de leur périmètre et de l'animation du site. Les OSU sont primordiaux tant du point de vue scientifique par l’interdisciplinarité qui peut y être amorcé et développé, que du point de vue de la communication, dans la transmission de la connaissance, de l'expertise scientifique vers et avec la société. C’est ce dernier point que je souhaiterais aider à renforcer en mutualisant les expériences des 25 directeurs d’OSU.
Je souhaite ainsi renforcer le collectif des directeurs d’OSU qui sont confrontés aux mêmes enjeux nationaux et internationaux qu’ils doivent décliner spécifiquement sur leurs territoires. Leurs expériences individuelles peuvent et doivent être davantage mutualisés.
C’est un des objectifs des différents schémas stratégiques qu’il conviendra d’implémenter en l’associant également à une réflexion sur la stratégie financière des OSU afin de leur permettre d’assurer toutes leurs missions de façon résiliente.
Je m’appuierai également sur les personnels du corps national des astronomes et physiciens (CNAP) qui est le corps des chercheurs-observateurs-enseignants. A mon sens, les personnels CNAP sont les ambassadeurs des OSU, ils sont donc indispensables à la réussite des missions des OSU. Plus généralement, j’aimerais poursuivre le développement d’une Mission Nationale d’Observation déclinée sur tous les territoires.