Sophie Roman : Une médaille de bronze pour ses travaux sur la dépollution des sous-sols

Prix et distinction

Depuis l’Université d’Orléans et l’ISTO (CNRS/BRGM/Université d’Orléans), Sophie Roman étudie les processus fondamentaux nécessaires au stockage souterrain du CO2 et la dépollution des sous-sols. Elle utilise pour cela des outils de microfluidique, habituellement dédiés à la chimie et au biomédical. 

Pionnière de la microfluidique appliquée aux géosciences, Sophie Roman est maîtresse de conférences à l’Université d’Orléans et membre de l’Institut des sciences de la Terre d’Orléans (ISTO, CNRS/BRGM/Université d’Orléans). Elle reproduit sur puce les réseaux de pores interconnectés du sous-sol, dont pour le stockage souterrain du CO2. « Je veux mieux comprendre la capacité de stockage de CO2 d’un réservoir, être sûre qu’il restera bien piégé », explique-t-elle. Sophie Roman étudie également la dépollution des sous-sols.

« La microfluidique est utilisée depuis des années en chimie et dans le biomédical, mais il est plus rare de la voir appliquée aux géosciences. »

En 2022, Sophie Roman a entamé deux grands projets : une bourse ERC Starting Grant et un programme ANR JCJC. Elle y a étudié les écoulements multiphasiques, c’est-à-dire quand on retrouve plusieurs fluides en même temps dans un réservoir souterrain. Une partie du CO2 se dissout dans de l’eau salée, une autre se piège sous la forme de gouttelettes dans les grains du réservoir. Sophie Roman s’est aussi intéressée à la diffusiophorèse, qui est le déplacement de particules en suspension sous l’effet d’un gradient de concentration, notamment en sel.

« En tant que maîtresse de conférences, seule une partie de mon temps est dédiée à la recherche. Je suis donc très heureuse que cette médaille prouve que mes efforts ont malgré tout payé. »

Issue d’une école d’ingénieur dans le biomédical, Sophie Roman a obtenu son doctorat sur l’étude des écoulements sanguins par la microfluidique en 2012, à l’Institut de mécanique des fluides de Toulouse (IMFT, CNRS/Toulouse INP/Univ. Toulouse (EPE)). Elle a ensuite mené un premier postdoctorat à l’Université Montpellier 2, puis un second de quatre ans à Stanford (États-Unis), où elle a commencé à appliquer ses recherches aux milieux souterrains. Elle a été recrutée à Orléans en 2017.