Mathieu Ardyna : une médaille de bronze pour ses travaux sur les écosystèmes marins polaires
Depuis le laboratoire Takuvik (CNRS/Université Laval/Sorbonne Université), Mathieu Ardyna étudie l’écologie du phytoplancton dans les régions polaires. Ses travaux éclairent leur rôle central dans le cycle du carbone et le fonctionnement des écosystèmes marins polaires.
Chargé de recherche CNRS au Laboratoire de recherche international Takuvik, Mathieu Ardyna a obtenu son doctorat à l’Université Laval (Canada) en 2015. Il a ensuite effectué un premier postdoctorat du CNES à l’Institut de la Mer de Villefranche (IMEV, CNRS/Sorbonne Univ.), puis un second à l’université de Stanford (États-Unis) grâce à une bourse européenne Marie Skłodowska-Curie, avant d’être recruté au CNRS en 2021.
« Tout mon parcours porte sur l’océanographie et l’écologie du phytoplancton dans les régions polaires, que j’étudie à la fois grâce aux missions en mer et à l’analyse de données satellitaires et de plateformes autonomes. »
Alors que l’on pensait longtemps que les conditions extrêmes de l’Arctique limitaient la production biologique à un seul bloom par an, c’est-à-dire un épisode de prolifération massive du phytoplancton, ses travaux montrent qu’un second bloom commence à se manifester. « On parle de boréalisation de l’Arctique », explique Mathieu Ardyna.
« L’environnement sous la glace est loin d’être un désert biologique. »
Il a notamment démontré que des blooms de phytoplancton pouvaient se développer sous la banquise, et ce relativement fréquemment et de plus en plus souvent. Mathieu Ardyna a également mis en évidence l’apport de nutriments par les fumées d’incendies provenant de Sibérie ou, dans l’océan Austral, de fer par des sources hydrothermales profondes, ce qui explique l’existence de « hotspots » planctoniques inattendus. Ces travaux permettent de mieux comprendre les dynamiques du phytoplancton et son rôle dans la régulation du climat.
Mathieu Ardyna a également piloté en 2024 la mission internationale REFUGE-ARCTIC, une expédition à bord d’un brise-glace, réunissant plus de 80 scientifiques issus de plus de 30 laboratoires. Cette mission a exploré le dernier refuge de glace pluriannuelle de l’océan Arctique, abritant des écosystèmes arctiques uniques et aujourd’hui menacé.