2 projets INSU obtiennent une bourse ERC Synergy 2025 !
Dans le cadre du programme cadre Horizon Europe pour la recherche et l’innovation, le Conseil européen de la recherche a sélectionné 66 projets, pour un budget total de 684 millions d’euros, sur les 712 propositions reçues pour l’appel à projets « ERC Synergy Grant 2025 ». Derrière l’Allemagne (avec 29 projets), la France est partenaire de 21 projets, dont 2 comptent des chercheurs et chercheuses issus d’unités mixtes du CNRS-INSU et de ses partenaires.
D’une durée de 6 ans et d’un montant maximal de 10 millions d’euros1 , ces bourses sont conçues pour permettre à des groupes de 2 à 4 scientifiques, de pays membres ou associés, de « s’attaquer à certains des problèmes de recherche les plus redoutables du monde, qui couvrent plusieurs disciplines scientifiques ».
- 1Un montant additionnel peut être fourni dans des conditions particulières.
Les projets ayant reçu une bourse Synergy 2025 dans lesquels le CNRS-INSU est impliqué sont les suivants :
HARVEST - Hydrothermal iron from the earth’s interior as fertiliser of photosynthesis in the ocean
HARVEST étudie comment le fer émis par les volcans sous-marins stimule la croissance du phytoplancton. Le fer est un élément nutritif essentiel à la vie marine - mais la contribution de ce fer hydrothermal à la productivité biologique reste encore peu connue. C'est surtout le cas pour le volcanisme peu profond dans les océans, susceptible d’influencer directement les eaux de surface.
HARVEST vise à combler cette lacune en évaluant le rôle du fer issu de sources hydrothermales profondes et peu profondes dans la production primaire des zones océaniques limitées en fer, à travers une approche intégrée combinant observations de terrain et modélisation. Les données recueillies, appuyées par des modèles biogéochimiques avancés, permettront de simuler le devenir du fer hydrothermal et d’en estimer les effets sur la production primaire et le cycle du carbone à l’échelle régionale et mondiale, aujourd’hui et dans le futur.
En révélant l’impact encore méconnu du volcanisme sous-marin sur la fertilisation des océans, HARVEST offrira un nouvel éclairage sur les interactions entre la terre solide, la dynamique océanique et les écosystèmes marins.
Légende
Le long des frontières tectoniques sous-marines, les éruptions volcaniques libèrent des roches chaudes du manteau terrestre. L’eau de mer s’infiltre, se réchauffe et s’enrichit en éléments chimiques, dont le fer. Nous supposons que les panaches hydrothermaux issus de zones peu profondes atteignent la surface et stimulent la croissance du phytoplancton dans les zones océaniques pauvres en fer. Ce mécanisme permettrait d’expliquer la présence de floraisons phytoplanctoniques aujourd’hui sans cause claire. @Thomas Boniface
La détection des neutrinos d’ultra haute énergie (>10¹⁶ eV) est la prochaine frontière de l'ère émergente de l’astronomie multi-messagers. Ces particules, filles des rayons cosmiques les plus énergétiques, et non déviées au cours de leur propagation, révèleront les phénomènes les plus extrêmes de l’Univers. Leur observation complètera le tableau combinant ondes électromagnétiques, gravitationnelles et neutrinos de plus basse énergie.
L'observatoire radio hybride surélevé pour les neutrinos (HERON) sera l’instrument de cette découverte : 24 stations surélevées (24 antennes chacune) et 360 antennes autonomes, offrant une sensibilité 10 fois supérieure aux instruments actuels, une résolution angulaire <1° et un large champ de vision. Installé en Argentine à 1 000 m d’altitude sur 72 km, HERON sera connecté au réseau mondial d’observatoires. En six ans, il traquera les sursauts de neutrinos liés à des sources de rayons cosmiques (sursauts gamma, etc.), révélant les mécanismes des astres les plus violents à des énergies inédites.
Légende
Comment HERON explorera-t-il les sources les plus violentes de l’Univers en détectant les neutrinos cosmiques d’ultra haute énergie (UHE) ? Les neutrinos tau UHE (ν) émis par ces sources interagissent sous terre, produisant un lepton tau (τ) qui émerge dans l’atmosphère et se désintègre. La gerbe atmosphérique résultante émet un signal radio capté par des antennes. HERON combinera des réseaux denses d’antennes phasées pour détecter les signaux faibles, et des antennes autonomes dispersées pour une reconstruction précise.
Liste complète des lauréats et lauréates du CNRS
La liste complète des lauréats et lauréates du CNRS est disponible ici : https://www.cnrs.fr/fr/actualite/erc-synergy-2025-les-laureats-heberges-par-le-cnrs