Analyse croisée des données collectées sur la vague de chaleur du mois de juin 2026
La canicule du mois de juin 2026 s'est imposée comme un épisode climatique historique par sa précocité, son intensité, son ampleur et sa durée. Débutée le 17 juin, elle a rapidement pulvérisé des centaines de records de température dans toute la France, avec des journées dépassant les 40 °C dans de nombreuses régions et des nuits exceptionnellement chaudes, plaçant une majeure partie du territoire en vigilance rouge. Cette canicule souligne à nouveau l'augmentation de fréquence et d'intensité des épisodes extrêmes. Cette vague de chaleur inédite a été observée par les différentes infrastructures de recherche françaises du domaine atmosphérique ACTRIS, IAGOS et ICOS et par le pôle de données pour l’atmosphère AERIS de l’IR DATA TERRA.
Les mesures effectuées dans plusieurs aéroports (IAGOS) en Europe révèlent des températures élevées dans une couche atmosphérique profonde s'étendant jusqu'à plus de 3 km.

L'une des conséquences de cet épisode a été une dégradation de la qualité de l'air. La comparaison des mesures effectuées sur plusieurs sites a révélé que cet épisode avait eu un impact particulièrement marqué sur l’ozone et les aérosols organiques secondaires (AOS) avec des disparités régionales (b), c)). Il apparaît, par exemple, que le site du Puy-de-Dôme (1 465 m) est moins directement affecté par la vague de chaleur et les émissions urbaines. A l’inverse, certaines valeurs relevées en ozone sur le site du SIRTA et MRS-LCP ont dépassé le seuil d’alerte réglementaires (180 µg/m3, soit 90 ppbv) (a)).

Au sein des observations dans infrastructure de ICOS, les moyennes des concentrations atmosphériques en dioxyde de carbone (CO2) du mois de juin 2026 enregistrées dans plusieurs stations françaises indiquent, comparativement aux années précédentes depuis 2015, une anomalie à la hausse sans précédent du cycle saisonnier, expliquée notamment par une baisse de la captation de carbone par les écosystèmes terrestres.

Ces épisodes caniculaires récurrents soulignent l’importance de surveiller l’évolution de la composition chimique de l’atmosphère estivale pour en évaluer les conséquences. L’analyse croisée des données collectées au centre de données AERIS et issues des infrastructures de recherche d’observation du domaine atmosphère et des satellites géostationnaires constituent un haut potentiel pour l’analyse scientifique et l’évaluation des impacts des évènements extrêmes de plus en plus récurrents.
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