Comment un climat ancien sur Mars a piégé des sulfates ?

Résultat scientifique Univers

Le rover Curiosity et l'instrument franco-américain ChemCam1 ont cartographié une épaisse formation de nodules sulfatés, et ont permis à une équipe internationale dont des chercheurs CNRS, de révéler une succession de climats humides et secs sur Mars datant de plus de 3,5 milliards d’années. Cette évolution du climat est loin d’une aridification monotone et rappelle les régions semi-arides terrestres.

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    ChemCam a été construit par un consortium franco-américain (IRAP/OMP-LANL). La contribution française est le fruit d'un partenariat entre le CNES, le CNRS-INSU, plusieurs universités (Toulouse, Bordeaux, Paris, Lorraine, Lyon) et le CEA. Mars Science Laboratory est un projet de la NASA géré par le Jet Propulsion Laboratory (JPL) qui a conçu, développé et assemblé Curiosity.

Sur un massif sédimentaire de 6 km de haut, le rover Curiosity traverse des niveaux enrichis en sels sulfatés. Grâce aux données de l’instrument franco-américain ChemCam1, une équipe internationale menée par William Rapin, montre que ces sulfates se sont formés au sein de sédiments sur 200 mètres d’épaisseur lors de fluctuations climatiques il y a plus de 3.5 milliards d’années. Ces résultats, publiés dans la revue JGRP, indiquent que les sels auraient cristallisé, formant des nodules, à chaque fois que la nappe phréatique s’évaporait.


ChemCam2 a permis de cataloguer en haute résolution des fines structures de dépôt exposées jusqu’à 1,5 km autour du rover montrant la trace d’anciens champs de dunes parsemés de rivières éphémères. L’instrument analyse aussi à chaque arrêt du rover la composition chimique, et révèle toute une population de nodules riches en sulfates de calcium et de magnésium. La cartographie de ces nodules indique leur formation par évaporation lorsque la nappe était proche de la surface. 


Jusqu’à présent, les données orbitales suggéraient une disparition progressive de l’eau à la surface de Mars et une transition vers un climat strictement aride. Les nouvelles données de Curiosity présentées ici révèlent au contraire une succession prolongée de climats secs et humides dont les nodules sulfatés semblent les marqueurs. Cette étude propose ainsi un nouveau modèle pour l’accumulation de sulfates sur Mars, lié à des climats en surface et non à une altération par des eaux souterraines profondes et tardives. 


Ce modèle ressemble aux régions semi-arides sur Terre, où des champs de dunes sont soumis à des alternances de périodes humides et sèches. Mars, comme la Terre, aurait donc connu des alternances climatiques rapides. Les sulfates martiens ne sont donc pas uniquement les marqueurs de la fin des environnements humides, mais plutôt associés à la présence d’eau proche de la surface.

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    ChemCam a été construit par un consortium franco-américain (IRAP/OMP-LANL). La contribution française est le fruit d'un partenariat entre le CNES, le CNRS-INSU, plusieurs universités (Toulouse, Bordeaux, Paris, Lorraine, Lyon) et le CEA. Mars Science Laboratory est un projet de la NASA géré par le Jet Propulsion Laboratory (JPL) qui a conçu, développé et assemblé Curiosity.

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    ChemCam a été construit par un consortium franco-américain (IRAP/OMP-LANL). La contribution française est le fruit d'un partenariat entre le CNES, le CNRS-INSU, plusieurs universités (Toulouse, Bordeaux, Paris, Lorraine, Lyon) et le CEA. Mars Science Laboratory est un projet de la NASA géré par le Jet Propulsion Laboratory (JPL) qui a conçu, développé et assemblé Curiosity.

Roches analysées par ChemCam
Roches analysées par ChemCam (reticules) présentant des textures avec (d-i) et sans nodules sulfatés (a-c). Crédits : NASA/JPL-Caltech/LANL/CNES/CNRS/IRAP/IAS/LPG
Affleurements observés à distance par la caméra MastCam (a) et ChemCam (b,c) permettant de déceler les structures sédimentaires éoliennes (noir) et fluviales (bleu)
Affleurements observés à distance par la caméra MastCam (a) et ChemCam (b,c) permettant de déceler les structures sédimentaires éoliennes (noir) et fluviales (bleu). Crédits for MastCam: NASA/JPL-Caltech/MSSS, ChemCam: NASA/JPL-Caltech/LANL/CNES/CNRS/IRAP /IAS/LPG.
Modèle de formation des sulfates (rouge) dans un champ de dunes en suivant les climats anciens où la nappe phréatique (violet) se rapprochait de la surface permettant son évaporation.
Modèle de formation des sulfates (rouge) dans un champ de dunes en suivant les climats anciens où la nappe phréatique (violet) se rapprochait de la surface permettant son évaporation.

Laboratoires impliqués

  • Institut de Recherche en Astrophysique et planétologie (IRAP - OMP)
    Tutelles : CNRS, CNES, Université de Toulouse

     

  • Laboratoire Géosciences environnement Toulouse (GET - OMP)
    Tutelles : CNRS, CNES, IRD, Université de Toulouse

     

  • Institut d’astrophysique spatiale (IAS - OSUPS)
    Tutelles : CNRS, Université Paris Saclay

     

  • Laboratoire de planétologie et géosciences (LPG – OSUNA)
    Tutelles : CNRS, Nantes Université, Université d’Angers, Le Mans Université

En savoir plus

Rapin, W., et al. "Stratigraphic Partitioning of Evaporites Through the Clay‐Sulfate Transition in Gale Crater, Mars." Journal of Geophysical Research: Planets 131.9 (2026): e2026JE009783. https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2026JE009783

Contact

William Rapin
Chercheur à l'IRAP
Olivier Gasnault
Chercheur à l'IRAP