Démantèlement du NCAR : c’est un pilier de la recherche sur l’atmosphère et le climat qu’on abat !

Institutionnel Océan Atmosphère

Suite à l’annonce du futur démantèlement du National Center for Atmospheric Research (NCAR) et la publication par l’administration Trump d’un plan prévoyant d’éliminer les « activités de recherche frauduleuses dans le domaine de l'écologie », la direction de l’INSU souhaite alerter à nouveau sur la nécessité à rendre plus fortes, plus résilientes et plus souveraines nos capacités de recherche.

Il y a moins de 48h, le directeur du Bureau de la gestion et du budget de la Maison Blanche, annonçait le démantèlement du National Center for Atmospheric Research (NCAR) et publiait un plan par lequel l'administration Trump prévoit d'identifier et d'éliminer ce qu'elle appelle les « activités de recherche frauduleuses dans le domaine de l'écologie » tandis que les services fonctions dits « vitaux » tels que la prévision météorologique et le calcul intensif seraient transférés vers une autre entité ou un autre site.

Cette condamnation ne vient pas seulement affecter la recherche américaine et sa place dans l’effort mondial de compréhension de notre planète et de son climat. C’est, en fait, l’un des piliers de la recherche mondiale sur le système Terre qui est en passe d’être abattu.

Depuis 60 ans, le NCAR est l’un des centres mondiaux de référence en sciences atmosphériques : un laboratoire national soutenu par la National Science Foundation (NSF) qui fédère recherche fondamentale, infrastructures et services pour la communauté universitaire. Sa production scientifique couvre la physique et la chimie atmosphériques, l’étude des aérosols et de la pollution, la dynamique des systèmes météorologiques extrêmes et le changement climatique. Très nombreux sont les collègues des communautés INSU pour qui le passage à Boulder (siège du NCAR dans le Colorado) a été une étape importante de leur maturation scientifique. 

Le NCAR déploie des ressources rares à l’échelle internationale : supercalculateurs, avions de recherche, radars et bases de données d’observation qui permettent de répondre à des questions allant de la microphysique des nuages à la modélisation climatique globale. Il produit et maintient des plates-formes et des modèles de premier plan (par exemple le WRF pour la météorologie et le CESM pour le système Terre), utilisés par des milliers de chercheurs et services opérationnels dans le monde. Couper ou diminuer ces fonctions affecterait rapidement la communauté mondiale.

La direction du CNRS-INSU veut témoigner ici de l’importance de ce qui est en jeu et alerte sur la nécessité non seulement d’exprimer concrètement toute sa solidarité avec nos collègues américains mais aussi de répondre à chacun de ces coups de boutoir contre la science par des actes forts, en Europe et, singulièrement, en France. 
Alors que nos sociétés vont devoir combattre avec une vigueur inédite le changement climatique et l’ensemble des crises environnementales mais aussi s’adapter à des conditions climatiques et des risques encore largement inconnus, il est urgent de rendre nos communautés, nos infrastructures, nos capacités de recherche plus fortes, plus résilientes et plus souveraines.

Cet effort est indispensable pour la souveraineté de la France et de l'Europe et la capacité de notre continent à contribuer à l'effort international plus que jamais nécessaire

Auteurs :

  • Nicolas Arnaud, directeur de l’Institut national des Sciences de l’Univers du CNRS – CNRS Terre & Univers
  • Jean-François Doussin, directeur de recherche au CNRS, directeur adjoint de l’Institut national des Sciences de l’Univers du CNRS – CNRS Terre & Univers
  • Cyrille Flamand, directeur adjoint scientifique du domaine "Océan-Atmosphère" de l’Institut national des Sciences de l’Univers du CNRS – CNRS Terre & Univers
  • Gerhard Krinner, directeur de recherche au CNRS, délégué scientifique en charge des recherches climatiques auprès de la direction de l’Institut national des Sciences de l’Univers du CNRS – CNRS Terre & Univers