Expansion et diversité floristique des mangroves lors des maxima thermiques
Les végétaux peuplant les mangroves sont d’excellents indicateurs de l’expansion latitudinale des milieux tropicaux. Dans le prolongement de notre découverte au Pôle Nord d’une mangrove exclusivement peuplée par le palétuvier Avicennia entre 56 et 40 millions d’années
Aujourd’hui, la mangrove appauvrie à Avicennia parvient à s’extraire de 9° en latitude de la mangrove diversifiée, supportant des températures plus basses. A l’Eocène inférieur et au Miocène moyen, cette limite d’expansion latitudinale atteignait 10 à 15°, c’est-à-dire avec un écart latitudinal de même ordre ou légèrement supérieur à celui qui est observé actuellement. Nous montrons aussi que l’individualisation des deux provinces actuelles de mangroves (atlantique–est-pacifique et indo–ouest-pacifique) est intervenue progressivement à partir de l’Eocène moyen. Enfin, nos résultats paléobotaniques soutiennent l’hypothèse de l’origine téthysienne des mangroves par rapport à une origine supposée en Asie du Sud-Est fondée sur leur diversité floristique actuelle.
Pour en savoir plus
Popescu S.-M., Suc J.-P., Fauquette S., Bessedik M., Jiménez-Moreno G., Robin C., Labrousse L., 2021. Journal of Biogeography, 48, 2771-2784.
L’équipe collaborative à l’origine de ce travail, conduite par un chercheur d’une PME, inclut quatre scientifiques rattachés à l’INSU et deux chercheurs étrangers.