La science au service des territoires : retour sur la participation du CNRS-INSU au salon des maires

Institutionnel

Le Salon des Maires et des collectivités locales a vocation à accompagner les collectivités territoriales dans l’évolution de leurs missions, en anticipant les grandes transformations, dont la longévité, attractivité, numérique, résilience, inclusion et la transition écologique…. Maires, conseillers municipaux, députés, cadres ou agents publics … plus de 65 000 acteurs des collectivités y ont participé cette année en quête de pistes pour construire les territoires de demain. Afin de toucher ce public sur ces différentes thématiques, pour la première fois depuis longtemps, le CNRS et ses instituts ont souhaité être présents à l’édition 2025, l’INSU se positionnant plus particulièrement sur le sujet de la transition écologique. Laurent Vidy, chargé d’affaires publiques au sein de l’institut, a répondu à quelques questions sur cette participation, et plus largement sur les enjeux d’une communication du CNRS-INSU à destination des décideurs publics locaux.

Quel était l’objectif de la présence du CNRS-INSU au salon des maires ?

Laurent Vidy – Clairement : l’urgence de la situation. Les communes sont souvent en première ligne dans la lutte contre les impacts du réchauffement mais elles ne sont pas toujours bien outillées. Nous pensons qu’il y a un vrai intérêt à faire se rencontrer deux mondes qui ne se connaissent pas toujours très bien : les collectivités territoriales d’une part et la recherche scientifique d’autre part. Pourquoi ? Pour travailler ensemble et mener ce combat de concert. Cela a pu paraître surprenant aux acteurs territoriaux de trouver sur ce salon le stand du CNRS, mais l’expérience nous enseigne qu’il y a une attente et des besoins. D’ailleurs un sondage auprès des visiteurs nous apprend que la transition écologique fait partie des thématiques prioritaires pour les élus, suivie par l’environnement et la planification écologique.

Comment les approchiez-vous ?

L.V. - Nous abordions les participants avec un slogan « Prenez la température de votre ville ! », en leur proposant de découvrir l’évolution de la température de leur  commune de 1940 à nos jours au moyen du programme informatique Copernicus. Les gens se sont arrêtés d’abord par curiosité mais grâce à une visualisation type « warming stripes »  certains prenaient conscience de la réalité et de l’ampleur du réchauffement. Il était ensuite plus facile d’initier une discussion pour leur dire qu’on pouvait aussi les aider à trouver des solutions .

En outre, deux tables rondes, l’une sur la sobriété énergétique (quelles solutions pour mon territoire), l’autre, en collaboration avec CNRS Ecologie & Environnement, sur la planification écologique (construire ensemble des réponses faces aux défis climatiques environnementaux) apportaient un éclairage sur nos expertises.

Concrètement, qu’est-ce que l’institut peut apporter aux collectivités locales ?

L.V. - Le CNRS-INSU a partout sur le territoire des Observatoires des sciences de l’Univers (OSU). Y travaillent des chercheurs et ingénieurs qui, pour alimenter leurs recherches, effectuent des « observations », non seulement dans le domaine astrophysique mais aussi dans les domaines du climat, de la qualité de l’air, du littoral, des sols, ou encore des rivières. Ces données sont robustes et fiables. Nos scientifiques travaillent également à des solutions : dépollution, aménagement du littoral, restauration des zones humides par exemple. Or les acteurs territoriaux ont tout intérêt à ce qu’on leur partage les données issues des observations ainsi que les pistes de solutions. Nous pouvons donc accompagner l’aménagement des territoires et, grâce à la proximité des OSU en région, apporter une réponse spécifique à chacun. Ce qu’on propose, c’est en quelque sorte un mariage de raison où rien n’empêche l’éclosion de perceptions communes et l’envie de faire ensemble.

En fait, cette démarche s’inscrit totalement dans l’ambition du CNRS de mettre sa recherche au service de la société.

Avez-vous des exemples concrets de projet issu de la recherche et à présent au service des territoires ?

L.V. - On peut citer par exemple le projet OSIRISC, l’observatoire des risques côtiers en Bretagne. OSIRISC est la concrétisation de 20 années de recherches scientifiques pluridisciplinaires et d’acquisition de données sur les risques côtiers d’érosion et de submersion. C’est un outil d’aide à la décision, d’amélioration des pratiques et des stratégies de gestion des risques à long terme qui a été co-construit avec les gestionnaires des risques côtiers puis mis à leur disposition.  

Au-delà de cet évènement et des contacts que vous avez pu établir, comment le CNRS-INSU peut-il initier de telles collaborations ?

L.V. - Nous avons le projet d’offrir des sessions de sensibilisation aux élus sur toutes les questions de la transition écologique et de l’adaptation au changement climatique. Cela a certes déjà été fait avec succès  pour nombre de hauts fonctionnairesEn ancrant ce travail au plus près des acteurs et décideurs régionaux, grâce aux OSU, nous pouvons aborder plus spécifiquement les impacts attendus dans leur région ou leur commune (enneigement, sécheresses, canicules ..) et apporter des réponses plus précises. Nous pouvons aussi initier des coopérations fructueuses, pour aujourd’hui et pour demain.