© NASA / ESA / CSA / M. Zamani (ESA/Webb) / Science: M. K. McClure (Leiden Observatory), F. Sun (Steward Observatory), Z. Smith (Open University), and the Ice Age ERS Team.

Le JWST dévoile la face cachée de la chimie des glaces préstellaires

Résultat scientifique Univers

Une équipe internationale, dont des chercheurs du CNRS (voir encadré), a pu mesurer la composition de glaces interstellaires dans les régions les plus sombres et les plus froides d’un nuage moléculaire mesuré à ce jour, grâce aux observations du télescope spatial James Webb (JWST)1 de la NASA/ESA/CSA. Ce résultat permet aux astrophysiciens de préfigurer les molécules de glace simples qui seront potentiellement incorporées dans les futures exoplanètes, tout en ouvrant une nouvelle fenêtre sur l'origine de molécules plus complexes qui sont le point de départ pour la formation des premières briques élémentaires d’intérêt prébiotique.

Les glaces sont un ingrédient essentiel à la constitution d'une planète car elles sont de bons vecteurs d'éléments légers tels que le carbone et l'oxygène qui seront intégrés dans des atmosphères planétaires et sont à la base de la chimie des molécules prébiotiques comme les sucres, les alcools et les acides aminés simples. Dans des régions ténues de l'espace, les grains de poussière glacés offrent un cadre unique pour la rencontre des atomes et des molécules, ce qui peut promouvoir des réactions chimiques à l'origine de la formation d’espèces moléculaires.

Dans cette étude, l'équipe a ciblé les glaces enfouies dans une région particulièrement froide, dense et difficile à étudier du nuage moléculaire Chameleon I, une région située à environ 600 années-lumière de la Terre et qui est actuellement en train de former des dizaines de jeunes étoiles. L'étude a permis un inventaire détaillé des glaces les plus profondément enfouies mesurées à ce jour dans un nuage moléculaire. Il s'agit du recensement le plus complet à ce jour des ingrédients glacés disponibles pour fabriquer les futures générations de planètes, avant qu'ils ne soient chauffés durant la formation des jeunes étoiles. Cette recherche2 s'inscrit dans le cadre du projet "Ice Age"3 . Ces observations sont conçues pour présenter les capacités d'observation du JWST et permettre à la communauté astronomique d'apprendre comment tirer le meilleur parti de ses instruments. L'équipe espère retracer le parcours des glaces depuis leur formation jusqu'à l'assemblage de potentielles comètes glacées.

  • 1Le JWST est un partenariat international entre la NASA, l'ESA et l'Agence spatiale canadienne (ASC).
  • 2 Cette recherche est décrite dans un article récemment publié dans la revue Nature Astronomy et fait l’objet de communiqué NASA, ESA, STSCI
  • 3Un des 13 programmes "Early Release Science" du JWST porté par Melissa McClure, astronome à l'Observatoire de Leiden

Laboratoires CNRS impliqués

  • Laboratoire physique des interactions ioniques et moléculaires (PIIM)

Tutelles : CNRS / AMU 

  • Institut des sciences moléculaires d'Orsay (ISMO)

Tutelles : CNRS / Univ. Paris-Saclay

© NASA / ESA / CSA / M. Zamani (ESA/Webb) / Science: M. K. McClure (Leiden Observatory), F. Sun (Steward Observatory), Z. Smith (Open University), and the Ice Age ERS Team.

Pour en savoir plus

Référence : 

M. K. McClure & al. An ice age JWST inventory of dense molecular cloud ices, Nature astronomy, January 2023. 

Contacts internationaux : 

  • Melissa McClure

Leiden University, The Netherlands

Email: mcclure@strw.leidenuniv.nl

  • Bethany Downer

ESA/Webb Chief Science Communications Officer

E-mail: Bethany.Downer@esawebb.org 

  • Ninja Menning

ESA Newsroom and Media Relations Office

Email: media@esa.int

Autres communiqué de presse : 

Communiqué de presse de l'ESA

Contact

Jennifer Noble
Chercheuse CNRS au Laboratoire physique des interactions ioniques et moléculaires (PIIM)
Emmanuel Dartois
Chercheur CNRS à l'Institut des sciences moléculaires d'Orsay (ISMO)