Le PNTS, incubateur de projets et outil d’animation scientifique liés à l’observation spatiale

Institutionnel

Le 28 mai 2026 s’est tenue à Lille la journée thématique annuelle la 14ème édition du Programme national de télédétection spatiale (PNTS). Depuis 2002, ce programme, animé et géré par l’INSU, soutient des projets touchant à la télédétection et à l’observation de la Terre depuis l’espace ainsi que des projets de développement de l’utilisation des données spatiales dans un large éventail de disciplines, allant de l’étude des surfaces continentales aux sciences humaines. Un nouvel appel à projet est désormais en cours.

A cette occasion, nous faisons le point avec Céline Cornet et Juan Cuesta, respectivement Présidente du comité d’expertise scientifique et secrétaire scientifique du PNTS.

Quel est le rôle du PNTS ?

 

Céline Cornet : Le premier rôle du PNTS, c'est de soutenir des projets scientifiques, ce qui se fait par le biais de l’appel à projet annuel1. Ce sont des « petits » projets, comme tous les projets des programmes nationaux INSU, mais ils permettent de tester de nouvelles méthodes et également de se rencontrer entre équipes de différents lieux et/ou domaines pour faire émerger de nouvelles idées ou de nouveaux concepts et les tester.  Je vois cela comme un incubateur de projets :  un tiers des projets qui sont initiés par le PNTS vont permettre l’essor d’un projet Cnes et un autre tiers, d’un projet ANR. Un certain nombre de scientifiques se tournent également vers le dépôt de projet Esa ou européens. 

Juan Cuesta : Finalement, le PNTS donne un label. Le fait d'avoir eu le financement d'un programme national,  montre qu’il y une base solide sur l'aspect télédétection spatiale, que l’équipe se connait déjà et a démontré une certaine faisabilité de ce qui est proposé. Et cela fait un effet levier pour les appels à projets ANR, Cnes …    

C.C. : Le deuxième rôle, c'est le soutien aux jeunes chercheurs. C’est souvent le premier projet qu'ils soumettent. On a tendance à vouloir favoriser les jeunes, parce que pour les autres projets plus conséquents, cela leur est souvent plus difficile d'être porteur et ils peuvent donc se faire ainsi une première expérience de la gestion d’un projet. A noter que même ceux qui sont en contrat déterminé peuvent soumettre un projet.

Enfin, il y a la journée thématique, une par an, qui permet à la communauté de se rencontrer. La communauté, c’est potentiellement environ 400 personnes, si on se base sur ceux qui sont inscrits à la liste de diffusion sur laquelle on relaie les conférences, les offres de post-docs, de thèse ... Cette communauté est issue de différents organismes (INSU, IRD, Inrae ..). Ces journées favorisent l'échange entre scientifiques de différents domaines, pour qu’ils ou elles voient ce que font les autres, discutent et partagent méthodes, ou informations.   C’est important de savoir ce qui se passe en dehors de son domaine précis, cela permet d’aller vers plus de multidisciplinarité !

Combien de projets le PNTS accompagne-t-il chaque année ?

 

C.C. :  Cela oscille entre 10 et 20 projets, allant de 1 à 3 ans en général. Le taux d'acceptation assez élevé par rapport à l'ANR, puisqu’on est à 77%. 

Notre objectif est d'essayer d'encourager et de favoriser le maximum de projets, quitte, des fois, à diminuer un peu le budget moyen pour soutenir plus de projets.  Le budget moyen est de 10 KE par projet et par an. Nous valorisons particulièrement les projets en lien avec les sujets relevant des prospectives scientifiques de l’INSU.

Les disciplines scientifiques concernées relèvent de l'étude des surfaces continentales, de la physique et la biogéochimie océaniques, de l'atmosphère, de la terre solide, de la cryosphère. Ils se répartissent assez équitablement au sein des 3 grands domaines scientifiques concernés (OA, SIC, TS). Il s’agit essentiellement de méthodes innovantes comme l’intelligence artificielle (13 projets sur 23 selon notre dernière enquête), d’études exploratoires concernant l’étude d’observations spatiales, de physique de la mesure, de nouveaux algorithmes, ou encore de méthode d’évaluation des produits satellitaires.

En quoi consiste cette aide ?

 

C.C. :  Essentiellement en argent, ou sinon en financement de stages de Master 2. L’argent sert à financer des missions, des participations à des conférences ou ateliers scientifiques, des publications ou bien encore des achats d’outils informatiques.

Avez-vous en tête des succès notables du PNTS depuis sa création ?

 

C.C.: Je pense qu’on a été assez précurseur sur

  • L’usage de l’intelligence artificielle dans le domaine de l'observation de la Terre ;
  • Le développement de codes de transfert radiatifs, c'est à dire tout ce qui sert à modéliser l'interaction du rayonnement avec l'atmosphère, l’océan, les surfaces, la neige, etc. ; 
  • Les premières applications de classification des cultures, avec une haute résolution spatiale ;
  • Le suivi du manteau neigeux, avec les possibilités d’alertes qui en découlent ;
  • Plus récemment, sur la télédétection du plastique, 
    • d’une part, les microplastiques atmosphériques, 
    • et d’autre part le plastique sur les plages et dans les zones cotières peu profondes.

J.C.:  J’ajoute l’observation multispectrale de la pollution des particules, ce qui a donné les bases d’un projet CNES puis européen. Il s’agit d’une approche très novatrice qui consiste en l’utilisation de deux instruments différents pour observer une seule espèce de particule.  

C.C. : Cette année, la journée thématique sur la télédétection spatiale au service des risques environnementaux (lien) a bien démontré le dynamisme et la forte capacité d’innovation de la communauté scientifique du PNTS, qui nous dote d’outils pour comprendre, limiter les impacts et parfois anticiper les risques environnementaux naturels (séismes, éruptions volcaniques ...) ou anthropiques (pollution, incendies …). 

 

 

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    L’appel est ouvert début juillet. Jusque fin septembre, les gens soumettent des projets, on les évalue au mois d'octobre, https://programmes.insu.cnrs.fr/