Les planètes de TRAPPIST-1 ont subi peu d’impacts depuis leur formation
La petite étoile TRAPPIST-1, à 40 années-lumière de nous, possède un système planétaire fascinant : 7 planètes de type terrestre dont 3 ont des insolations comprises entre celles de Vénus et de Mars. Les périodes orbitales sont très courtes, de 1.5 jours pour la planète b, la plus interne, à 19 jours pour la h, la plus externe qui est malgré tout 6 fois plus proche de son étoile que Mercure de notre Soleil. Ce système très compact, dont la masse et le rayon des planètes ont pu être estimés à quelques %, se livre à un ballet étonnant. Pendant le temps que met la planète h à accomplir 2 orbites, la g en fait exactement 3, la f 4, la e 6, la d 9, la c 15 et la b 24 ! Les orbites sont en résonance les unes avec les autres.
Dans le système solaire, les 4 lunes principales de Jupiter sont également sur des orbites résonantes. L'existence de ces résonances s'explique par la formation des planètes (ou des lunes dans le cas de Jupiter) au sein d'un disque de gaz. Quand les étoiles se forment, elles sont entourées d'un disque de gaz et de poussière où se forment les planètes, par collisions entre corps solides, petits au début et qui grossissent au cours du temps. Les interactions entre les planètes en formation et le disque qui les abritent produisent une migration des orbites. Durant leur migration, les orbites peuvent alors se trouver en résonance, et rester verrouillées ainsi tout en continuant de migrer. Ainsi, pendant cette phase de disque qui dure au maximum quelques millions d'années, la migration des planètes peut produire une chaîne de résonances dont un cas extrême est le système TRAPPIST-1.
Des scientifiques
Pour en savoir plus
An upper limit on late accretion and water delivery in the Trappist-1 exoplanet system
Sean Raymond(*), Andre Izidoro, Emeline Bolmont, Caroline Dorn, Franck Selsis(*), Martin Turbet, Eric Agol, Patrick Barth, Ludmila Carone, Rajdeep Dasgupta, Michael Gillon, Simon L. Grimm, Nature Astronomy
(*) CNRS, Université de Bordeaux, Laboratoire d’astrophysique de Bordeaux